2 L à vélo

Voyage à vélo en Amérique du Sud

De Uyuni à la frontière chilienne, le Sud Lipez

Du 26 octobre au 8 novembre

De Uyuni à Alota

Uyuni n’est pas une ville extraordinaire mais on peut se loger, faire le plein de provisions et bien manger ! Nous allons nous y arrêter deux jours. Nous quittons la ville après être passés à la « Migracion » pour rallonger de 30 jours notre visa. Mieux vaut avoir un peu plus que de manquer !!!

Première halte à la sortie de la ville au cimetière des trains. Là, rouillent d’antiques locomotives, vestiges des trains de transport de minerai.

Ensuite nous partons en direction de la route des lagunes (Sud Lipez) que nous devrions rejoindre dans quatre jours. La piste est recouverte au début d’asphalte un peu défoncée. Mais parallèlement à cette piste, on construit une nouvelle route qui à terme devra arriver à la Laguna Colorada !!! Il y a donc une piste parallèle, pas très bonne, sableuse, parcourue par les 4X4 des touristes, les 4X4 des locaux, les camions, qui, au passage soulèvent un nuage de poussière que nous respirons à plein poumons. Nous utiliserons la route en construction aussi souvent que possible, nous y sommes bien tranquilles et cela roule mieux ! Nous ferons halte à San Cristobal (ce nom doit te rappeler quelque chose Jean-Pierre), ville minière où l’on extrait de l’argent, du plomb, du zinc. Autre ville minière sur le parcours, Alota. Les camions, chargés des précieux minerais, sont escortés par des militaires et circulent en convoi !

LE SUD LIPEZ

Le Sud Lipez, route mythique pour les voyageurs à vélo ! Mythique, oui, mais difficile. Difficultés dues à l’état des pistes (sableuses, caillouteuses, « calamina » bien souvent…), à l’altitude (la piste oscille entre 4100 m et 4950 m), au vent (souvent de face et très violent à partir de midi), au froid (suivant la période).

Pour nous, c’est l’état des pistes qui sera la cause principale de nos difficultés. Sableuses, cela ne roule plus, il faut pousser. Caillouteuses, nous pouvons rouler jusqu’à un certain point, mais souvent, on pousse. Si c’est de la « calamina » (petites vagues créées par les véhicules), on peut rouler jusqu’à ce que nous en ayons marre de sauter sur la selle et que nos nerfs lâchent… et alors on pousse ! Et pousser un vélo très lourd (nous avons neuf jours de nourriture avec nous car il n’y a pas de ravitaillement en chemin), c’est dur.

Nous n’avons pas eu trop de vent hormis les trois derniers jours, car nous nous arrêtions relativement tôt. Pour l’altitude, aucun problème, nous étions bien acclimatés. Le froid sera surtout sensible la nuit mais nos excellents sacs de couchage nous en préserverons !!!

Mais le Sud Lipez, ce sont des paysages grandioses, des lagunes extraordinaires, des volcans aux couleurs fabuleuses… c’est fascinant !!! Partons à la découverte…

D’Alota à la laguna Hédionda

Après Alota, la piste est recouverte d’un revêtement peu roulant mais elle est bordée de roches volcaniques rouge-orangé. Ces roches, projetées lors d’éruptions, se sont refroidies très vite et ont pris des formes… laissez aller votre imagination ! Nous bifurquons à droite sur une piste balisée « Laguna Colorada » en se disant qu’elle doit bien nous mener aussi à la Laguna Hédionda où nous avons décidé de faire étape ! Erreur ! Nous nous égarerons deux fois sur cette piste non roulante, principalement recouverte de sable et le sable, pour pédaler, et bien… ce n’est pas terrible ! L’heure avançant, nous serons obligés de bivouaquer en pleine « pampa » au pied d’un superbe volcan. Après une bonne nuit, nous repartirons sous un soleil magnifique en direction de la Laguna Hedionda. Si le soleil est rayonnant, on ne peut pas en dire autant de la piste, nous poussons plus que nous pédalons !

Et puis, nous découvrons la lagune, verte et blanche, occupée par  des dizaines de flamands roses. Absolument sublime !!! De nombreux 4X4 sont garés devant l’hôtel Los Flamencos, les touristes déjeunent.

Nous discuterons avec des Suisses Allemands (en anglais ! si ! si !), et avec une famille française qui nous fera cadeau de 12 l d’eau, de 6 bananes et de deux assiettes de riz, merci à eux. L’hôtel nous propose un dortoir et une douche à un prix correct (ici pour dormir dans une chambre, c’est 120 dollars par personne, pour nous c’est hors budget !).   

De la laguna Hédionda à l’Arbol de Piedra

Nous pédalerons durant les quinze premiers kilomètres, en longeant les lagunes Negra et Ramatidas mais cela ne durera pas et ce sera beaucoup de poussage dans le sable agrémenté de calamina, que du bonheur. Nous rencontrerons un couple de Canadiens en 4X4 qui nous offrira de la bière (si ! si !), des bonbons, des soupes en sachet et des barres de céréales ! Merci à eux ! Nous verrons nos premiéres vizcachas (sorte de chinchillas) dans un canyon avant de franchir un col à 4500 m et de rallier l’hôtel del Desertio où nous dormirons dans le bâtiment réservé aux chauffeurs des 4X4. Une chambre dans l’hôtel revient à 120 dollars par personne !!!! Hors budget pour nous !

Le lendemain, les premiers kilomètres sont roulants puis arrive le sable et nous… poussons. Nous rencontrons un groupe de Français de Pérouges dans l’Ain qui nous offre biscuits et pommes et le chauffeur de l’eau ! C’est fantastique, cette gentillesse des gens rencontrés tout au long de cette traversée !

A l’Arbol de Piedra, de nombreux 4X4 stationnent et leurs occupants admirent cet arbre de pierre, sculpté par le vent, et les rochers environnants. Beaucoup de touristes bien sympathiques viennent discuter avec nous : un groupe de Français de Pau, deux Françaises d’Annecy et un groupe de Chinois de Hong-Kong.

On nous prend en photo sous toutes les coutures ! Quel succès ! Mais le vélo de Lionel est crevé, il faut réparer ! Le montage de la tente sera un peu tardif, de plus le vent se lève et il ne fait pas chaud. Cela ne nous empêchera pas de faire quelques photos à la tombée du jour. Ce qui est merveilleux dans ces bivouacs, c’est que l’on se retrouve seuls le soir avec le site pour nous !

De l’Arbol de Piedra au Sol de Manana

Une bonne nuit dans un silence rare et sous un ciel étoilé. Ce matin, -1° sous la tente, – 5° dehors. Mais le soleil est vite là et nous réchauffe. Les 4X4 sont là aussi, très tôt ! Nous partons en direction de la laguna Colorada à dix-huit kilomètres de là et nous pousserons toute la journée, nous arrivons bien fatigués ! Au refuge de la laguna, des touristes dévorent leur pique-nique et nous, nous n’avons pas grand chose à manger, on a restreint un peu les rations en raison du poids ! C’est sans compter sur les chauffeurs des 4X4 qui nous donneront les restes cela nous nourrira ce midi et ce soir.

La couleur rouge des eaux de la laguna est due aux sédiments de couleur rouge et aux pigments de certains types d’algues. C’est un lieu de reproduction pour les flamands roses des Andes, oiseaux migrateurs, qui comptent des milliers d’individus dans ces eaux riches en minéraux.

Après un bivouac à 4542 m, nous grimperons jusqu’au Sol de Manana, à 4850 m d’altitude, endroit très particulier, un peu repaire de sorcières !!! En fait, il y règne une importante activité volcanique : fumerolles et geysers qui, sous la pression, peuvent atteindre des hauteurs de quinze à cinquante mètres de hauteur !

On peut y voir aussi de la lave en ébullition dans de petits cratères ! L’utilisation du potentiel géothermique de la région est à l’étude pour produire de l’électricité.

Nous y bivouaquerons en souhaitant que tout cela n’explose pas dans la nuit car nous serions très mal placés. Pourtant, à 5 h 30, nous sommes réveillés par des bruits de moteurs. Mais ce ne sont que les 4X4 qui montent les touristes pour admirer le phénomène. En effet, l’activité géothermique est bien plus intense au lever du jour où la vapeur d’eau est projetée à des hauteurs impressionnantes ! Malgré cette activité, il ne fait que – 9° sous la tente et – 15° dehors !

Vidéo au Sol de Manana

Du Sol de Manana à la frontière chilienne

Nous rejoignons la piste qui doit nous conduire à la laguna Chalviri. Pour une fois, la piste est « roulable », même si cela secoue pas mal sur ce revêtement chaotique, et nous passerons un col à 4926 m, point le plus haut franchi durant notre voyage. Les paysages sont désertiques, les couleurs du jaune au ocre superbes.

La laguna Chalviri, aux eaux vertes et bleues, est magnifique avec, bien sûr, des flamands roses, mais chose plus rare, la hauteur de l’eau étant faible, un groupe de vigognes traverse la lagune !!! A Polques, toujours au bord de la lagune, un nombre impressionnant de 4X4 stationnent. Qui dit 4X4 dit touristes et effectivement ils sont là, une partie déjeune et une autre se baigne dans les piscines d’eau chaudes naturelles. Nous mangerons encore les restes des touristes et Laure ira se baigner dans les thermes une fois tout le monde parti !

Le lendemain, nous gagnerons la laguna Blanca. La traversée du désert de Dali nous gratifie de couleurs exceptionnelles sur les volcans, les paysages sont somptueux.

Ce qui sera moins somptueux, ce sera l’état de la piste une fois passé le col à 4726 m. Pourrie, vraiment pourrie avec sable et « calamina » nous obligeant à pousser d’autant que le vent s’est levé et souffle violemment… de face bien sûr. Au bivouac, il faudra bloquer les haubans de la tente avec de gros cailloux pour contrer ses effets.

Dernière partie du Sud Lipez, la montée jusqu’au poste frontière bolivien. Toujours des pistes pourries !!! On nous contrôle cinq kilomètres avant la frontière pour vérifier que nous nous sommes bien acquittés de la taxe de 150 bolivianos donnant accès au parc national. Drôle de parc national où circulent plusieurs dizaines, voire centaines, de 4X4 tous les jours, où aucun entretien des pistes n’existe, où aucun service n’est proposé… bref où va cet argent ?

Enfin, la frontière, après une ultime montée avec, bien sûr, un violent vent de face. Un nouveau poste frontière est en construction, ce ne sera pas un luxe. On nous tamponne nos passeports, cela prend cinq minutes et l’on quitte la Bolivie.

Vidéo d’Uyuni à la frontière chilienne

Petit bilan de la Bolivie

Nous allons quitter la Bolivie après 30 jours passés dans ce pays. Nous y avons parcouru 1273 km et gravi 6238 m de dénivelé !

Ce que nous avons aimé en Bolivie

Les échanges avec les touristes rencontrés tout au long de notre traversée qui nous ont aidés matériellement et moralement.

Les chauffeurs de 4X4 qui nous ont souvent dépannés en eau et même en nourriture parfois.

La gentillesse des Boliviens toujours prêts à rendre service.

Le salar d’Uyuni, les paysages fantastiques et les sites du Sud Lipez.

La ville de La Paz.

Le beau temps permanent.

Ce que nous avons regretté en Bolivie

Les prix exagérés qu’on nous demande dans les zones touristiques par rapport au reste du pays.

Certains hôtels chers et insalubres.

Désert du Sud Lipez
  1. RINGOT

    Coucou

    A priori votre fabuleux voyage se passe bien.
    Je vous admire toujours autant , et vous nous faites profiter de photos magnifiques.

    bises

    Jean-Pierre Ringot

  2. Agnès & JeanPaul ZOPPI

    Bravo, encore bravo et merci de partager ce magnifique voyage.

    PS: Si Laure s’est baignée dans les thermes, quid de Lionel?????? !!!!!

    Agnès & Jean Paul

  3. MARIE CLAIRE DAVID

    Bonjour à vous
    Très belles photos.
    Il manque l album Arbol de Piedra au Sol de Manana.
    Bonne continuation
    Marie Claire

  4. Gicquel Jean-Pierre

    Bonjour les amis,
    toujours en admiration devant votre aventure, quand l’on évoque tonton Cristobal, c’est que l’enfance n’est pas loin … vous ne rapporterez peut-être pas de lingots, mais que de souvenirs merveilleux et sans doute des étoiles plein les yeux !
    Bises. Jean-Pierre.

  5. BAUMY Patrick

    Merci et encore merci pour partager avec nous un millième de ce vous vivez…
    Vivement le prochain épisode.
    PB

  6. Guillon

    Vous nous apparaissez comme les premiers conquérants à 2 roues d’une planète inconnue tant les photos et comptes rendus que vous nous transmettez suscitent fascination. Quel dépaysement! Vous allez trouver le cadre bien monotone à votre retour en France.

    Bises à vous deux
    Inès

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