Voyages à vélo

De El Bolson à la frontière chilienne

Du 25 au 29 janvier 2023

Itinéraire

D’El Bolson à Cholila

Nous quittons El Bolson. La ruta 40 déroule son ruban d’asphalte sous un ciel bien gris. Après La Hoyo, un camion nous rattrape, klaxon hurlant, ne ralentit , ni ne s’écarte et nous sommes obligés de prendre le bas côté ! Ouf, une belle frayeur !

Une longue montée mais avec le vent dans le dos nous emmène à Epuyen près d’un petit restaurant où viennent d’arriver (dans l’autre sens) deux couples de cyclocampeurs. Le premier couple Adrien, Français vivant en Australie, elle, Mélanie, Tahitienne. Le second couple, lui, Simon Belge et elle, Slovaque. Nous Français. Cosmopolites les voyageurs à vélo !

Adrien nous passera quelques tuyaux pour la suite de notre voyage et notamment l’adresse d’une Casa de Ciclistas un peu avant Cholila, notre étape de ce soir.

Toujours en montée mais toujours avec le vent dans le dos, nous prenons la ruta 71 et quittons définitivement la ruta 40. Par une belle route, parmi d’agréables paysages, nous gagnons la Casa de Ciclistas de George. La clé est sous une pierre à côté de la porte (merci Adrien).

Un superbe endroit aménagé avec goût et originalité, sanitaires impeccables et comme dans toute Casa de Ciclistas, on peut y dormir même si nous avons préféré notre tente. Nous y passerons une très agréable soirée en compagnie de George et d’un couple d’Américains même si notre méconnaissance de l’espagnol nous handicape un peu !

Dans une Casa de Ciclistas, pas de prix imposé, chacun met ce qu’il veut dans une boîte pour, l’eau, l’électricité et le gaz.

George est passionné de sport (il est d’ailleurs professeur de sport) et notamment de vélo et a eu l’idée de créer cette Casa de Ciclistas pour accueillir les voyageurs à vélo de passage.

Butch Cassidy, cela vous dit quelque chose ? Bandit de l’ouest américain, recherché par la justice, il s’enfuira vers l’Argentine et vivra un certain temps dans une maison près de Cholila.

Justement, nous gagnerons Cholila, porte d’entrée du Parc Los Alerces, sans rencontrer Butch Cassidy et son compère Le Kid !!!

Le parc de Los Alerces

Pour nous, l’entrée dans le parc signifie la fin de l’asphalte et le début du « ripio » (de la piste en fait) et quel ripio ! Les premiers kilomètres sont bien difficiles surtout si les montées s’en mêlent ! A chaque véhicule qui nous croise ou nous double, c’est un nuage de poussière que nous respirons à plein poumons !

Nous arrivons, toujours sur ce « beau revêtement » à Villa Lago Rivadavia, petit village perdu où l’on élève vaches et chevaux.

Porte du parc ! Il faut en payer l’entrée ! 1000 pesos pour les Argentins, 3500 pour les autres !

Le parc comprend le lac Futalaufquen, le río Arrayanes, le lac Verde et le lac Menéndez ; il a une superficie de 263 000 hectares. A partir de là, l’environnement devient plus sauvage et nous découvrons enfin les alerces.

Ce parc a été créé pour la protection du Fitzroya (Fitzroya cupressoides), communément appelé lahuán en langue mapuche ou alerce en castillan. Cet arbre, dont la longévité est une des plus importantes (plusieurs milliers d’années), est menacé d’extinction. En 2010, Il a été classé comme « espèce menacée en danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

C’est très impressionnant d’arriver au milieu de ces arbres. Impressionnants par leur hauteur et leur grosseur.

Pause au camping Rivadoria au bord du lac éponyme. On peut y observer de nombreux oiseaux mais les abords du lac sont encombrés par des troncs d’alerces qui nous empêchent un peu d’aborder les rives du lac.

Le jour suivant, le ripio est meilleur sur les dix premiers kilomètres et le bleu du ciel donne au lac des couleurs splendides. Nous profitons d’un très bel endroit de pique-nique au bord de l’immense lac Futulaufquen.

Un joli coin de pique-nique

La journée continue, les vélos aussi et nous avec, et déjà 30 km de ripio dans les jambes ! Mais, miracle, fin du ripio et retour de l’asphalte ! C’est par une très belle route que nous gagnerons Futulaufquen.

Le lac Futalaufquen

Vidéo

De Futalaufquen à Trevelin

Une petite étape courte et tranquille nous emmène dans le joli village de Trevelin.

Son nom est d’origine galloise (en langue galloise cela signifie : village ou maison du moulin (de tre, village, et melin, moulin). Ce fut en effet le noyau de la colonie argentine d’origine galloise. La ville s’appela d’abord Valle 16 de Octubre (fondée officiellement en ce jour en 1888). Les colons gallois l’appelèrent d’abord « Cwm Hyfryd » ou Jolie vallée. En 1889 un certain Juan Evans inaugura le premier moulin à blé (le Molino Los Andes), moulin dont dérive le nom actuel de la ville.

En 1902, le Chili disputait à l’Argentine ces territoires. La population d’origine galloise, en très grande majorité, plébiscita son intégration à l’Argentine.

Sur la belle place du village, nous nous offrons un excellent pique-nique !

En se baladant, nous rencontrons une famille argentine bien sympathique en vacances dans la région. La dame nous explique les secrets du maté.

Traditionnel et propre à l’Argentine, il se consomme toute la journée. Il suffit d’un termos d’eau (chaude ou froide c’est selon), d’un maté (le bol) et d’une bombilla (sorte de paille avec un filtre). On dépose de l’herbe à maté (herbas) dans le bol, on y verse de l’eau et on aspire le liquide obtenu. L’herbe peut être dulce (douce) ou amargo (plus forte).

Sur cette place se tenait un marché de l’artisanat où des artisans locaux proposent leurs réalisations.

Et comme toujours en Argentine de vieilles voitures « décorent » les rues !

La dodoche roule encore !

De Trevelin à la frontière chilienne

Un ciel tout bleu ce matin, une température idéale et une route bien asphaltée, des conditions de pédalage idéales. Nous traversons Trevelin et prenons la ruta 259 en direction de la frontière chilienne.

En effet, aujourd’hui, nous quittons l’Argentine. D’ailleurs, nous avons pratiquement consommé nos dernières provisions. En effet, il est interdit de pénétrer au Chili avec des produits frais (fruits, légumes, fromages, viandes…)

Mais, cela ne va pas être si simple ! Après 6 km d’asphalte, c’est le retour en force du ripio et cela durant 35 km jusqu’à la frontière ! Un ripio de très mauvaise qualité avec cailloux et même « calamina » (vous savez les petites vaguelettes qui vous font rebondir sur la selle). Bien souvent, il est difficile de savoir où mettre ses roues surtout quand des véhicules vous croisent ou vous doublent, bien souvent à des vitesses impressionnantes.

Qui dit piste et voitures, dit poussière ! Poussière qui nous enveloppe, poussière que nous respirons malgré nous, poussière qui pénètre partout ! Mieux vaut avoir des sacoches et du matériel adaptés mais bon, des poumons adaptés, pas faciles à trouver !

Pour admirer et profiter des paysages environnants, le mieux est de s’arrêter, c’est plus prudent car le vélo a tôt fait d’aller où il ne faut pas (et nous avec !) !

Après un pique-nique avec les ultimes provisions, nous apercevons, avec soulagement, le poste de douane argentin. Contrôle des passeports mais pas de coup de tampon, tout sur les portables ! Dommage pour les souvenirs !

Sur la ruta 259

Vidéo : une histoire de ripio

Laure et Lionel remercient tous ceux qui nous suivent et nous encouragent par leurs commentaires sur le site, leurs messages et leurs mails.

Bises à tous

  1. Jean et Claudine

    Oh c est super !!ça fait du bien de vous entendre commenter votre itinéraire. Que de belles vues et quel beau temps. On vous remercie. « On est « un peu « à vos côtés. Bises à vous deux et bonne route.

  2. Gicquel Jean-Pierre

    Bonjour les amis, Je regarderai photos et vidéo plus tard, car ici le 31 janvier, c’est jour de manif, eh oui nous allons arpenter le bitume contre la réforme des retraites ! Bonne continuation et à plus. Bises. Jean-Pierre et Marie-Noëlle. NB : Changement d’adresse mail.

  3. claude vermersch

    Bravo les Amis, a vous l’Amérique du sud…..le soleil…..la poussière! enfin le paradis.
    Ici c’est toujours l’ hiver, le ciel gris, donc randonnée bien à l’autre bout de la terre,
    ont vous suis avec passion, soyez prudent avec les camions . Je suis émerveillé de vos aventures. Je vous embrasse Claude et Martine

  4. Vandaele Danièle et Jean luc

    Hello les cyclo amis. Toujours aussi beaux ces carnets de voyage. On en prend plein les mirettes !
    Continuez la route, profitez du paysage, des rencontres, et ménagez vous quand même !

    Cyclo amicalement

  5. Danielle

    Coucou les voisins pédaleurs.
    Toujours de magnifiques images qui nous font rêver et oui c’est agréable de vous entendre dans les vidéos. Attention ça brule au Chili ne traînez pas dans les parages. Nous avons eu cette semaine une météo printanière c’est bien agréable.
    De gros bisous de la copropriété. Pédalez bien !
    Les voisins

  6. Yves CLARA

    Salut à vous deux.
    je vois que la progression se fait tranquillement. vous avez de très beaux paysages mais beaucoup de poussière aussi.
    Bonne continuation
    Yves et Evelyne

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