Voyages à vélo

De Punata à Torotoro

Du 3 au 8 juin

Itinéraire

De Punata à Torotoro

Nous laissons derrière nous la petite ville de Punata et gagnons le gros village de Cliza. Entre les deux, une route bien abîmée, bordée de simples maisons en brique mais aussi de grandes habitation un peu kitsch et prétentieuses ! Montrer aux autres que l’on a réussi ?

Laure s’est invitée à faire des photos devant une maison où « quelque chose » cuisait dans une grande marmite. Du coup, ces gens nous ont proposé de goûter le chicharrón, mais à 9 h du matin, nous avons décliné l’offre !

Et pour cause, en Bolivie, le chicharrón est un plat spécial à base de viande, de lard et de peau de porc préparés avec la même graisse que l’animal, mélangés à de la chicha (une boisson alcoolisée ancestrale à base de grains de maïs), dans de grandes pailas (marmites) qui sont à leur tour soutenues par de grandes cuisinières en argile, la plupart du temps cuit avec un feu de bois.

Nous gagnons ensuite le village de Tarata où nous rejoignons la route qui vient de Cochabamba. Au carrefour, une jeune femme préparait de la glace à la cannelle en tournant une espèce de centrifugeuse à main plongée dans de la glace !

Parlons de la route. Route nouvelle, asphalte impeccable mais tracée droite à travers la montagne : une suite de montée et descentes bien raides souvent. Comme nous devons passer un col à 3200 m, cela monte plus que cela descend. Fatigantes ces remontées successives à 7 %, 8 % !

Au col, nous longeons l’ancienne route pavée de galets, un travail de fous ! Merci à l’asphalte car il est pratiquement impossible de circuler à vélo sur ces pavés.

Nous trouvons un coin de bivouac sur une portion de… l’ancienne route et avons tout le loisir d’admirer ce travail d’ajustement des pavés.

Aujourd’hui, une étape en deux temps. Une longue descente de 10 km bien raides suivi d’une portion moins pentues et une remontée jusqu’au village de Torotoro. Le tout dans de très beaux paysages de montagnes aux couleurs superbes !

Le problème de cette longue descente, 1400 m environ depuis le col, c’est qu’il faudra la remonter au retour, le trajet jusqu’à Torotoro étant un aller retour !!!

Le câble de soutien de la sacoche de guidon de Laure s’est rompu et nous sommes obligés de coincer la dite sacoche sur le porte-bagage arrière. Il faudra trouver une solution là-haut car il est difficile de se passer de cet accessoire.

Et puis, c’est la montée au village de Torotoro, 750 m de dénivelé, en pleine chaleur (40° sur le compteur du vélo). La plus grande partie est asphaltée, les pentes sont raisonnables, la route est bien tracée.

Malheureusement, nous déplorons une crevaison de la roue arrière du vélo de Laure. Une petite demi-heure de réparation et c’est reparti !

Et puis quelques kilomètres avant le sommet, la route est en travaux ! D’abord un bon ripio roulant puis pied à terre, il faut pousser ! Nous venons de retrouver l’ancienne route pavée sur des pentes à 8 % !!!

Nous rencontrons un camping car de bretons qui redescendent du village. Nous échangeons un peu. C’est toujours agréable ces petites discussions avec d’autres voyageurs !

La montée continue, toujours du pavé, nous poussons ! nous rejoignons bientôt la nouvelle route en travaux sur un ripio roulant. Fin de la montée, nous apercevons le village en contrebas et aussi retour des pavés qui nous accompagnent jusqu’au village. Mais comme c’est de la descente, même si cela secoue pas mal, nous restons sur le vélo.

C’est bien fatigués que nous arrivons au village ! Un couple de jeunes Français, Marie et Quentin, se charge de nous aider à trouver un hôtel avec leur wifi. Vraiment adorables !

Finalement, Laure nous déniche un hôtel bien propre et confortable car nous allons rester ici plusieurs jours. Il y a pas mal de choses à voir !

Vidéo : Entre Punata et Torotoro

A Torotoro

Le village de Torotoro fut fondé à la fin de la période coloniale par des migrants métis de Cochabamba, Il reçut officiellement le statut de ville le 21 novembre 1883. Il est situé à 2676 m d’altitude. C’est le centre du parc national de Torotoro.

Ici, les rues sont encore recouvertes de pavés disjoints et il faut bien regarder où l’on met les pieds ! On rencontre pas mal de touristes aussi, dont beaucoup de Français, venus visiter le parc.

Torotoro est placé sous le signe des dinosaures ! Effectivement, on en trouve des représentations dans les rues et sur les bâtiments.

Premier jour à Torotoro bien occupé. Laure s’occupe d’abord de la lessive et Lionel des photos.

Ensuite, les vélos ! Le vélo de Lionel a une crevaison lente de la roue arrière. Nous trouvons bien dans le pneu, l’objet du délit, un minuscule bout de fil de fer issu d’un pneu de camion éclaté, mais impossible de le retirer. Alors, nous allons travailler à l’envers et mettre une rustine à l’intérieur du pneu ! Tiendra, tiendra pas, nous verrons !

Nous devons aussi trouver un câble pour la sacoche de guidon. Laure déniche un câble de frein de moto du diamètre adéquat et l’installe sur son vélo. Il n’y a plus qu’à le faire couper à la bonne longueur et c’est parfait !

Dernier problème, remettre une vis sur la béquille arrière du vélo de Laure car une seule vis n’est pas suffisant. Ouf ! Enfin terminé pour les vélos !

Nous nous rendons ensuite au bureau des guides du parc. Nous prenons nos billets d’entrée valables quatre jours (100 bol par personne, environ 15 €). Nous avons l’intention d’aller au canyon de Vergel et au site de la Ciutad de Itas.

Sur la place du village, il y a un restaurant qui propose… tartiflette et raclette ! Si ! Si ! En plein milieu de la Bolivie. Autant dire que l’on y retrouve tous les Français en visite ici ! Le patron, qui a fait des études de langue à la faculté de La Rochelle, parle très bien le français.

Le gruyère et le reblochon viennent de Santa Cruz mais sont importés de… Suisse ! Bizarre pour le reblochon, fromage typiquement haut savoyard ! En tous cas, c’est fort agréable de déguster un peu de fromage.

Le canyon de Torotoro

Le parc a été créé en 1989 pour protéger le Paraba Frente Roja (l’ara au front rouge) sorte de perroquet en voie d’extinction.

Dans le parc, pour toute visite, prendre un guide est obligatoire ! Afin de diminuer le coût, on peut se regrouper jusqu’à six personnes pour un guide.

Donc, travaux pratiques : arriver à 7 h 30 à la maison des guides, prendre un billet d’entrée au parc, trouver parmi les touristes présents des personnes intéressées par la même excursion. Dès que l’on est six maximum, on peut partir avec un guide. Ouf !

Première incursion dans le parc, le canyon de Torotoro. Nous retrouvons Marie et Quentin qui nous avaient aidés le premier jour pour trouver un hôtel, puis Alexandra que Laure avait rencontrée hier, plus Tamara, nous sommes six.

Avec Pablo, notre guide, nous partons à la découverte. Première halte, les traces de dinosaures fort nombreuses ici. Il y en a 2500 et des milliers seraient encore ensevelies sous des couches de roches. Cela devait grouiller à l’ère secondaire durant le trias, le jurassique et le crétacé ! Cela explique aussi les représentations des dinosaures dans le village

Et puis, nous gagnons le mirador, plateforme qui domine le canyon et nous offre de très belles vues !

Le sentier est très agréable et commence à descendre. Une volée de marches nous conduit 300 m plus bas !

Petite balade au fond du canyon qui nous emmène à El Vergel, lieu de cascades et de bassins naturels dans une végétation un peu exubérante. Certains ont même le courage de se baigner et même de se mettre sous les cascades !!!

Le retour se fait par le même itinéraire, mais dans ce sens, il faut remonter les marches. Dur! dur !

La Ciudad de Itas

En quittant le village, nous admirons d’immenses formations géologiques créées il y a plusieurs millions d’années. Cela fait penser à des vagues, rocheuses évidemment !

Pour gagner la Ciudad de Itas, nous devons prendre un véhicule car le site est à 23 km du village et à 3600 m d’altitude. La piste qui y conduit offre tout le long du parcours de fantastiques vues sur les montagnes environnantes.

La Ciudad de Itas, appelée également « Wapacapana », est composée d’énormes blocs de pierre qui forment des labyrinthes menant à d’immenses cavernes.

Ces cavités ont été creusées par les vagues lorsque la mer bordait ces falaises au temps des… dinosaures !

La randonnée nous permet aussi de contempler, par endroits, les superbes paysages des montagnes environnantes

Site de Tururumi

Tout proche de la Ciudad de Itas, le site de Tururumi est splendide ! C’est une balade dans des formation rocheuses magnifiques. La randonnée commence par une descente dans un couloir rocheux bien sombre, serait-ce une sortie de spéléologie ?

Mais non, après quelques passages dans un labyrinthe rocheux, nous débouchons à l’extérieur et ensuite, c’est une succession de vues splendides sur les montagnes environnantes.

Bien moins fréquenté que la Ciudad de Itas ou la Caverna de Umajalanta, c’est un site qui « vaut le détour » et même… « le voyage » !!!

Vidéo : Quelques aperçus des paysages du parc de Torotoro

Cimetière des tortues

Situé à 3,5 km du village, le cimetière des tortues s’étend sur 7 hectares ! Le site abrite de belles formations rocheuses de couleur rouge ainsi que des fossiles de tortues et de crocodiles qui datent du crétacé supérieur.

On pense que le site était occupé par un lac marécageux ou une mer aux eaux peu profondes !

  1. ZOPPI

    Coucou,
    C’est toujours un régal de passer un moment avec vous!!
    Merci de partager votre aventure.

    Avez vous pris des billets retour????

    Agnès & Jean Paul ZOPPI

  2. Brocvielle Michèle

    Je n’ai pas les mots pour tout ce que je viens de regarder. Pour le Torotoro, Lionel, je suis prête à casser ma tirelire. Je pensais peut être ne plus faire de grands voyages en avion, me disant que j’ai encore beaucoup à découvrir en France, mais là j’avoue que je suis éblouie.

    Je retients parmi tant d’autres, une très belle photo avec le ciel qui se reflète dans un peu d’eau.

    Je me demandais comment vous n’aviez pas plus de crevaisons ou autres soucis avec de telles routes.

    Prenez le temps pour vous reposer, sur une photo en particulier, je vous trouve les traits tirés.

    Bises les amis

  3. Gicquel Jean-Pierre

    De retour d’une semaine à l’île de Ré, la matinée à vélo sur les bords de la Loire, j’ouvre mon ordinateur et me voilà transporté en Bolivie. Merci pour ce choc émotionnel, c’est magnifique. Prenez soins de vous. Bises. Jean-Pierre et Marie-Noëlle.

  4. claude vermersch

    Bonjour à vous deux.
    Vos reportages toujours au Top, pensez à vous reposez………..vous avez l’air fatigués.
    Je pense que tout le monde veux vous revoir en pleine forme, moi le 1er.
    je vous embrasse.
    Claude et Martine

  5. Marie

    Ce fut génial de vous rencontrer et de partager cette journée avec vous !
    Pouvez-vous nous envoyer les photos quand vous aurez un moment ? Merci beaucoup et bonne suite de voyage !
    Marie & Quentin

  6. MR BERNARD CORBET

    amitiés à vous deux qui nous offrez de beaux reportages, bonne continuation sur votre bonus 2023! Je rentre d’une itinérance moins exotique que vous, sur le littoral atlantique: Bayonne camino del norte jusqu’à Compostelle Muxia Fisterra et via lusitana jusqu’à Lisbonne, traversant les deux pays de conquistadors des contrées que vous foulez en Amérique du Sud.
    Bernard

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