Voyages à vélo

De Innertkirchen à Flims

Du 27 juillet au 1er août

Itinéraire

De Innertkirchen à Andermatt

Le ciel bien gris du matin, les sommets bouchés, rien ne nous incite à gravir le col du Susten aujourd’hui. Il existe dans la montée un petit camping à Gadmen. Arrivés tôt, nous pouvons nous occuper du site, des vélos et Laure fera même un petit tour à pied !

Nous entamons la grimpée vers 7 h 30. Nous montons à l’ombre sur des pentes assez irrégulières. Plus nous montons, plus nous découvrons de glaciers. Le soleil arrive pour embellir encore les paysages ! De nombreux tunnels ponctuent cette route mais ils sont assez courts. De l’un d’eux descend une cascade, le torrent passant sur le tunnel.

La montée continue sur des pentes plus raides. Les paysages sont superbes : hautes montagnes et glaciers, le tout inondé de soleil ! Enfin le sommet du col de Susten à 2224 m !

Pour passer sur l’autre versant, il faut franchir un tunnel. Et de l’autre côté, la montagne est toujours aussi belle.

Nous pique-niquons sur un banc au départ d’un sentier de randonnée face aux glaciers. Cette superbe descente nous conduit à Wassen.

Changement de décors ! La circulation dans ce fond de vallée est intense et il nous faut monter à Andermatt, 600 m plus haut, pour trouver un camping. Voitures, camions, motos, de la folie ! La route devient ensuite interdite aux vélos et nous sommes déviés par un petit village. Nous la retrouvons quelques kilomètres plus loin mais avec une bande cyclable, ouf !

Nous la quittons définitivement pour une piste cyclable aménagée, selon nous, sur un ancien chemin de randonnée. Les pentes sont sévères entre 8% et 10% ! Faire passer dans cet endroit la route, le train, la piste cyclable sans oublier qu’il y a la rivière, chapeau !!!

Nous arrivons aux ponts du Diable dans les gorges de Schöllenen. Ponts au pluriel puisqu’il en reste deux sur les trois construits ici.

Au cours de la guerre de la deuxième coalition, le 25 septembre 1799, la région des gorges des Schöllenen fut le théâtre de combats entre les troupes napoléoniennes sous le commandement de Claude-Jacques Lecourbe et les troupes russes commandées par le général Alexandre Souvorov. Le premier pont du Diable a été alors gravement endommagé et rendu impraticable. C’est seulement plus de trente ans plus tard, que le deuxième pont du Diable allait le remplacer.

Au milieu du XXème siècle, la route étroite des gorges et le deuxième pont du Diable n’étaient plus adaptés au transport moderne. C’est pourquoi, en 1958, on a construit une nouvelle route, comprenant un troisième pont du Diable à deux pistes prolongé d’un tunnel.

Andermatt

Andermatt est une station de sports d’hiver mais aussi un centre touristique l’été. Sa situation, au pied de grands cols dont le Saint Gothard attire touristes et cyclistes.

La pluie et les orages nous ont cloués ici deux jours ! Ciel gris, humidité et fraîcheur, noue en avions perdu l’habitude !!!

Andermatt se trouve dans la vallée d’Urseren (la vallée des ours). Même si l’on ne trouve plus d’ours dans la région, quelques-uns ornent le centre du village mais ils sont assez pacifiques et ne posent aucun problème !

En dehors du Saint Gothard, Andermatt est au pied d’autres grands cols notamment celui de la Furka et de l’Oberalp. De part cette position stratégique sur les axes nord/sud et est/ouest, une place d’armes, diverses fortifications, bunkers et pièces d’artillerie sont situés à Andermatt et dans son périmètre direct.

En Suisse, remarquez que l’on trouve des œufs en couleur. Outre le fait que ce soit Pâques toute l’année, ils sont déjà cuits !!!

D’Andermatt à Acquarossa

Sous un ciel bien gris, une température bien fraîche et une circulation très importante, nous entamons la montée au col du Saint Gothard. Vu la conduite des automobilistes, feu rouge et gilet fluo sont de sortie.

A trois kilomètres du sommet, nous quittons la route principale pour l’ancienne route recouverte de… pavés. Finalement, cela ne roule pas si mal que cela, même sur du 8% !

Au col, à 2106 m, il fait froid, un vent glacial nous transis. Pourtant, c’est la foule : camping-cars, motos, voitures, il y en a partout !

Quelques photos et c’est la descente dans le Val Tremola. Nous restons sur l’ancienne route entièrement recouverte de pavés (Tremola signifie la « Tremblante »).

Quelle route ! Tout en lacets, superbe ! Finalement, ces pavés ne nous secoueront pas trop ! Sur la fin, ils alternent avec l’asphalte et nous gagnons Airolo.

Cette route, entre Göschenen et Airolo, fut réalisée entre 1827 et 1832. Ce fut l’époque des diligences ! La majeure partie de la route du val Tremola se présente aujourd’hui dans le même état que lors de l’achèvement de la reconstruction de 1951. Large de six à sept mètres, elle est délimitée et soutenue par des murs atteignant jusqu’à huit mètres de haut. Le pavage en granit est largement conservé, de même que les bornes kilométriques. 

Avant la réalisation de cette route, suite à la construction du pont du Diable au XIIIème siècle, un chemin muletier permettait de traverser ce passage. En 1882, on ouvrit la ligne ferroviaire du Saint-Gothard avec le tunnel hélicoïdal de Wassen. Quant à la grande route du col, elle date de 1967, le tunnel de l’autoroute, lui, de 1980. Donc pas moins de trois routes traversent actuellement le Saint Gothard sans compter la voie ferrée !

A ce propos, le 11 décembre 2016, un nouveau tunnel ferroviaire, le tunnel de base du Saint-Gothard, a été mis en service après plus de dix-sept ans de travaux. Long de plus de 57 km, il est le tunnel le plus long du monde !!!

D’Acquarossa à Flims

Aujourd’hui, montée au col de Lucomagno à 28 km du camping. La fraîcheur nous accompagnera jusqu’à Olivone où nous trouverons le soleil. La pente jusque là est modérée et la circulation plutôt calme !

Bien que ce soit dimanche, une boulangerie est ouverte à Olivone. A partir de là, la route monte en lacets, c’est plus agréable pour prendre du dénivelé. Ce qui l’est moins, c’est cette circulation des voitures et des motos qui s’intensifie. Cela roule très vite, on fait ronfler les moteurs et on nous rase bien souvent !

Elle est longue cette montée, mais les paysages sur ce versant, le Val Blenio, sont jolis. Vers le haut de cette route, les parkings, aux départs des randonnées, sont « blindés » de voitures. Voilà où ils allaient tous ! Pour les motos et les voitures de sport, c’est plutôt rouler vite et faire ronfler les moteurs dans les tunnels, que du bonheur !

Pas mal de monde au sommet, pour nous ce sera pique-nique.

Mais surprise, ce n’est pas le point haut, il faut encore, pour notre plus grand bonheur, emprunter un tunnel montant de deux kilomètres !

La descente sur l’autre versant, le Val Medel, est magnifique. Petits villages sur des pentes abruptes, greniers à foin qui rappellent ceux des Bauges, belles montagnes dans les lointains.

A Curaglia, une boutique ouverte propose le café à 3 FCH, d’habitude c’est 4,50 (à ce prix, nous n’en prenons pas !) mais 3FCH pourquoi pas même si pour un café c’est bien cher ! Et comme disent les Suisses, si c’est trop cher, il faut rester en France !

La route du col de Lucomagno, ouverte en 1877, a une longueur de 61 kilomètres de Biasca à Disentis. Le point haut est à 1972 m, le col lui à 1920 m.

Ce col était déjà utilisé au IIIème siècle. L’importance du col grandit avec la fondation de l’abbaye de Disentis au début du VIIIème siècle. En 1374, l’abbaye construit un refuge et une chapelle dédiée à Marie sur le col. Durant le Moyen-Age, le col de Lucomagno est la principale liaison nord/sud de la Suisse. Il perd ensuite en importance au profit des cols du Saint Gothard et du Splügen qui bénéficient d’un accès plus facile malgré une altitude plus élevée. Avec l’ouverture de l’autoroute A2 et du tunnel routier du Saint-Gothard, le Lucomagno perd définitivement son rôle de liaison.

La chapelle et le refuge disparaissent en 1964 lors de la mise en haut du barrage de Sontga Maria et seront reconstruits le long de la route.

Nous rejoignons le camping de Disentis après un enchaînement de tunnels. Un camping offrant peu de services. Aucun emplacement n’est délimité encore moins numéroté et chacun s’installe comme il peut. De plus, il n’y a pas beaucoup d’ombre. Ce camping ne fait pas honneur au TCS !

Aujourd’hui, 1er août, c’est la fête nationale suisse ! On nous avait prévenu : « Tout est fermé ». Et bien non, le SPAR (pub gratuite) de Disentis est ouvert, tant mieux pour nous. Nous ravitaillons largement car l’étape prévue est courte et sans grimpée !

Visite du village de Disentis et notamment de son abbaye et plus particulièrement l’église, magnifique avec ses deux clochers à bulbe et son intérieur baroque.

L’abbaye aurait été fondée en 614, détruite en 670 et reconstruite par Charles Martel en 711. Cependant, certaines sources pensent plutôt au début du VIIIème siècle comme période de sa fondation. Elle s’agrège à la congrégation bénédictine de Suisse en 1602. L’abbaye est décorée en style baroque à la fin du XVIIème siècle. Pendant la guerre de coalition entre la France et l’Autriche (1799-1801), l’abbaye est pillée et incendiée par les troupes françaises en 1799.

Au XIXème siècle, l’abbaye rencontre de nombreux problèmes pour continuer d’exister. Elles se trouve dans un canton majoritairement protestant, elle brûle en 1846 et sa situation devient précaire. Cependant, Disentis surmonte les épreuves et retrouve son essor à la fin du XIXème siècle. Elle ouvre une école qui existe toujours. Les élèves sont aujourd’hui plus de 250, filles et garçons. L’abbaye compte également une trentaine de moines.

La suite sur une route majoritairement descendante nous offre de belles vues sur la vallée en contrebas. Petite pause pour admirer un pont en bois de la fin du XIXème siècle, puis une autre dans le joli village de Trun où nous avons la chance d’écouter un groupe de Cors des Alpes.

Nous quittons la route pour emprunter une piste cyclable non revêtue, à l’ombre, dans les bois, bref pas très intéressante ! Oui, mais le camping prévu devrait se trouver le long de la dite piste. Oui mais pas de camping, Il faut se rendre à l’évidence, il n’y en a pas dans ce secteur !

Nous arrivons à Ilanz. Ce sera notre lieu de pique-nique, mais pas de camping ici non plus ! Le plus proche est à Flims à 10 km mais avec 460 m de dénivelé. Nous n’avons pas trop le choix !

La montée démarre par une « belle » rampe de 4 km à 8%, en pleine chaleur, avec beaucoup de circulation et des vélos bien chargés de ravitaillement. La pente s’adoucit (relativement) un peu avant Flims, fin de l’étape !!!

  1. Vandaele

    Que de beaux paysages, mais que ça doit monter ! La récompense au sommet vaut bien le coup. Continuez vos reportages, on voyage avec vous.

    Danièle et Jean luc
    2 anneciens qui vous suivent depuis un moment.

  2. jacques suzzarini

    Coucou les suisses, vous êtes dans mon pays des gros mollets :^) j’ ai fait le Susten aussi l an dernier depuis Wassen, une bonne grimpette ! et les pavés du Gotthard à la montée, le temps de bien en profiter ! Bises aux courageux en espérant que vous trouverez un peu de frais en altitude…

  3. pierre belloir

    Je ne comprends toujours pas comment vous faites pour nous montrer tout cela en plus de vos temps de pédalage… Merci beaucoup en tout cas. La « Tremola »… excellent !!

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