Voyages à vélo

De Oruro à la frontière chilienne

Du 21 au 27 juin

Ouf ! Après 24 jours sans wifi (même dans les hôtels), la voici de nouveau ! Merci à tous ceux qui nous suivent d’avoir patienté. Les articles vont s’enchaîner d’une manière rapide dans les jours à venir !

Itinéraire

De Oruro à Sabaya

A 8 h, nous quittons Oruro sans aucun problème. Il est tôt, donc peu de circulation et les marchés ne sont pas encore installés ! Sous la conduite de notre navigateur, Laure, nous voici sur la Ruta 12 qui relie Oruro à la frontière chilienne à 230 km !

Nous longeons le lac Uru Uru, où plutôt ce qu’il en reste en cette saison sèche. Un peu d’eau où « barbottent » quelques flamants roses, eau qui cède bientôt sa place à des herbes jaunies.

Ici, c’est l’altiplano, c’est plat, mais c’est en altitude à 3700 m environ ! Peu de circulation, principalement des camions, des collectivos, quelques voitures et une dose infinitésimale de cyclistes.

Nous gagnons tranquillement le village de Toledo, notre pause de midi : excellente la soupe ici !

Une belle place, une jolie église avec le clocher à l’écart, de plus les habitants sont fort agréables. Nous y faisons quelques courses notamment des œufs. Mais, en Bolivie, les boîtes de six ou douze sont rares, on vous met les œufs dans un sac plastique, une omelette assurée à vélo ! Laure demande une boîte quelconque et les enveloppe dans un torchon !

 Nous trouvons un superbe coin de bivouac dans l’enceinte d’une maison « abandonnée ». Un conseil, sur l’altiplano, il vaut mieux prendre le premier endroit adéquat car il y en a fort peu !

Dès 7 h, le soleil éclaire la tente. Bien agréable car il ne fait que – 6°C sous la tente ! Suite à notre très agréable petit déjeuner au soleil, nous poursuivons la route qui longe un lac asséché où évoluent lamas et vigognes.

Et puis, la route se met à monter, passe au village de Corque et, autant le dire, montées et descentes vont se succéder toute la journée bien que nous soyons sur un altiplano !

Enfin le plat et le retour des clôtures que nous n’avions pas vues depuis longtemps ! Ici, on élève des lamas qui, malgré lesdites clôtures, paissent quelquefois sur le bord de la route voire la traversent.

Après le village d’Opocari, nous installons notre bivouac derrière une butte, un peu à l’abri des regards.

Ce matin, c’est notre record de froid : – 8°C sous la tente, – 13°C dehors !!! A 3750 m, Il ne fait pas bien chaud mais, sur l’altiplano, le soleil arrive vite ! Par contre, l’eau est gelée dans les gourdes et dans la bouteille, mais heureusement, nous avons nos deux « termos », l’eau n’y gèle pas !

La route est plaisante, sans vent, plate, ça roule bien. Toujours des lamas de chaque côté de la route et au loin, là-bas, des volcans nous offrent leurs sommets enneigés, c’est très beau !

Pause repas à Huachacalla et ensuite unique montée de la journée avant de rallier Sabaya après une ligne droite de 20 km. Au village de Sabaya, on trouve un hôtel, pas trop mal, mais pas de wifi dans le village.

Video : Entre Oruro et Sabaya

Sabaya

Un gros village où nous nous sommes pausés une journée. Nous y avons rencontré Marine et Jean qui voyagent avec leurs trois enfants, Clément, Salomé et Octave, sur deux tandems « Pino » ! Nous avons passés de très bons moments avec eux au « restaurant »,  à l’hôtel ou en balade dans le village et… même à faire des maths avec Clément !!

Ce village possède une très originale église à l’extérieur, très belle à l’intérieur. L’ église de Nuestra Señora de Sabaya est considérée comme l’une des œuvres les plus importantes du baroque métis de la région. On y sonne encore les cloches manuellement (une fois par jour seulement) !

Comme dans pratiquement tous les villages d’Amérique du Sud, Sabaya possède une très belle place.

Dans la plupart des villages boliviens, nous pouvons nous ravitailler dans les « tiendas », sorte de petites épiceries où l’on vend principalement eau, boissons sucrées et sucreries.

Pourtant, certaines sont assez bien achalandées et nous y trouvons de tout (ou presque). Du paquet de gâteaux au papier WC en passant par le chocolat, l’avoine, les pâtes, le riz, le quinoa, le briquet, la clé USB… et même de l’essence (pour notre réchaud).

De Sabaya à Coïpassa

Aujourd’hui, finie l’asphalte, c’est une étape de ripio qui nous attend. En effet, nous quittons la ruta 12 pour gagner Coïpassa. C’est un détour de 78 km !

Le ripio n’est pas excellent, c’est beaucoup de calamina (vous savez les petites vaguelettes). Nous traversons deux villages tout « neufs », longeons des champs cultivés, sommes scrutés au passage par les lamas fort curieux et atteignons le village de Vitalina.

Là, c’est la fiesta avec musique et les cholitas dans leurs robes d’apparat… Nous avons l’impression que tout le village est dans la rue !

Un petit défilé doit faire le tour de la place et Lionel est invité à y participer avec son vélo ! C’est bien la première fois qu’il défile au son d’une fanfare !

On nous offre ensuite l’apéritif et le village se met à danser au son de la musique. Nous sommes tous les deux invités à danser, tout en tenant nos appareils photos à la main, pas bien pratique !

Maintenant, c’est le moment de se désaltérer. Ici, pas de vin, c’est de la bière servi dans des bouteilles d’un demi-litre. On nous en offre une bouteille chacun mais nous déclinons en partie l’offre, un verre nous suffira, la journée de pédalage n’est pas terminée !

Nous quittons ces gens gais et charmants, dont la vie doit être assez rude à ces altitudes, pour gagner le salar de Coïpassa.

Une immensité blanche déjà vue sur le salar d’Uyuni en 2019 à la différence près que la surface est plane et ne forme pas de polygones. C’est toujours incroyable de pédaler sur un salar, nous avons toujours l’impression d’être arrivés mais les effets de perspectives sont bien trompeurs ! En revanche, le pédalage est facile !

Le salar de Coipasa se trouve à une altitude de 3 680 mètres dans la partie centre-ouest de l’altiplano andin. Il a plus ou moins 70 km de long sur 50 km de large et une superficie de 2 218 km2. Une infime partie du salar est situé au Chili. Il est, après le salar d’Uyuni, le second salar le plus grand du pays.

Seuls quelques flamants roses occupent cette partie du salar beaucoup plus sauvage que celui d’Uyuni ! Une espèce de boue en annonce la fin et le retour d’une piste sableuse qui nous conduit au village de Coïpassa.

Un village perdu au milieu du salar. Nous y trouvons refuge dans « l’hôtel ». Une chambre (non chauffée comme dans tous les hôtels ici), des toilettes dans la cour, sans toit, ni porte, et pour se laver, de l’eau froide dans une bassine !!!

Mais, un hôtel tenu par un couple fort agréable et très ouvert qui ont deux enfants, un petit garçon de six ans et une petite fille de quelques mois.

Ces gens font eux-mêmes leur pain et nous en offrent quatre tout chauds que nous consommerons tout de suite, c’est bon le pain frais ! Nous pouvons aussi préparer nos repas dans leur cuisine.

Ce matin, le propriétaire pose un grand plat rempli de grains de quinoa sur un feu pour les faire éclater. Ensuite, il les écrase dans une meule en pierre et il s’en servira dans la soupe.

Le quinoa est pratiquement la seule culture à ces altitudes. On récupère les grains et le reste, d’une couleur tirant sur le rouge, est laissé dans les champs pour nourrir les lamas.

Un moment passé dans une Bolivie profonde où nous touchons du doigt la rudesse et la simplicité de la vie de ces gens. Ces villages boliviens, bien souvent isolés au bout d’une piste poussiéreuse, aux maisons basiques où le confort manque souvent, possèdent la plupart du temps une école très belle et propre et, plus surprenant, un terrain de sport très moderne, couvert parfois, voire avec un sol en synthétique !   

Vidéo : Entre Sabaya et Coïpassa

De Coïpassa à Pisiga (frontière chilienne)

Une piste caillouteuse et tout en calamina nous ramène sur le salar. Nous visons le village de Conception plus à l’ouest que Vatelina. Nous roulons bien même s’il n’y a aucune trace de véhicules.

Malgré nos photos, nous avons du mal à rendre l’immensité du paysage. Le village nous paraît proche, nous pensons y être mais non, pas encore… Il s’avère, compteur du vélo à l’appui, qu’il est à 15 km de Coïpassa !

Nous y voici ! et maintenant il y a 15 km de ripio pour rejoindre la ruta 12. Et quel ripio !

Boueux par endroit du fait du salar, sableux bien souvent et, là, nous devons pousser nos vélos et pousser un vélo chargé dans le sable, ce n’est pas simple. Bref, une piste bien difficile qui n’est pas sans rappeler celles du Sud Lipez.

En revanche, les paysages sont superbes. Nous pédalons (ou marchons) entourés de volcans, avec le salar toujours proche, encouragés par les lamas.

Quelques villages abandonnés finissent de mourir sur le bord de cette piste. Nous traversons encore le village perdu de Casiquira avant de commencer à grimper, majoritairement dans du sable, et atteindre enfin la route asphaltée.

Un village abandonné accueille notre bivouac pour la nuit. Superbe endroit dominé par les volcans d’un côté et offrant une très belle vue sur la fin du salar de l’autre.

Aujourd’hui, nous passons la frontière et retrouvons le Chili. Une dizaine de kilomètres et nous voici à Pisiga dernier village bolivien de cette route. Nous longeons une file impressionnante de camions qui attendent de passer la douane chilienne.

Un arrêt à Pisiga nous permet de changer quelques bolivianos en pesos chiliens, mais aussi d’acheter des produits moins chers qu’au Chili. Cependant, aucun produit frais, ce pays refuse toutes entrées de ce type de produits (fruits, légumes, viande…) par crainte d’entrée de germes divers !!!

Nous hésitons à prendre un hôtel ici mais finalement, comme il n’y a pas de wifi, décidons de passer la frontière aujourd’hui. Erreur ?

Vidéo : Entre Coïpassa et Pagador

Vidéo : Derniers tours de roues en Bolivie


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  1. Gicquel Jean-Pierre

    Bonjour les amis, quel plaisir de vous retrouver en ce 14 juillet, étape au Grand Colombier, U20 champions du monde(rugby), concert de Paris et feu d’artifice, … et la suite de votre périple ! Il y a de quoi chanter la Marseillaise. Bonne route au Chili. Bises. Jean-Pierre.

  2. Patrick Baumy

    Ravi d’avoir de vos nouvelles pour nous distraire …on a bien les images quotidiennes du tour de France…mais cela manque de ripio.
    Merci pour ces reportages qui nous rappellent que la vie loin de France est souvent compliquée même si l’environnement est magnifique.
    Bonne suite pour votre voyage !

  3. claude vermersch

    Bonjour les amis
    Un peu sommaire vos résidences secondaire, mais les voisins ont l’air sympa !
    Un peu fous ces cyclistes, mais quelles images superbes.
    Bravo et bonne continuation; on attend la suite .
    Bisous de Claude et Martine
    PS: dur sera le retour

  4. Danielle

    Coucou les voisins pédaleurs. Enfin de vos nouvelles. Vous nous faites faire un sacré mauvais sang. Je viens de voir votre carte vous étes presque au bout de votre voyage ?
    Je vois qu’il fait bien frais comparé à Digne où nous suons beaucoup.
    Ici tout va bien. Quel beau voyage vous faites et vous nous faites faire. A très bientôt. Des bisous 😚

  5. chupin

    vous êtes incroyable de courage, un grand respect.

  6. Brocvielle Michèle

    Super le nid entre deux cactus, les prédateurs ne s’y piqueront pas
    Lionel, les vigognes dont tu dis qu’elles ne sont pas sauvages, avec la pince à épiler de Laure, tu leurs piques quelques poids et tu te fais une écharpe. C’est très recherché, autant que le duvet des canards eider.
    Bonjour de Dignes
    Bises

  7. MR BERNARD CORBET

    merci à vous deux du partage bien dépaysant de votre périple. Lamas et camions ne manquent pas de sel. Les habits traditionnels sont beaux et plus riches probablement que ceux qui les portent. Bonne route à vous.
    Bernard

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