Voyages à vélo

Randonnée au canyon de Colca

Du 7 au 9 août

Situé à une centaine de kilomètres d’Arequipa, nous y sommes allés en bus. En effet, il est difficile de s’y rendre à vélo car la première partie sur la route de Puno est excessivement dangereuse vu la circulation. Ensuite, une fois sur place, que faire des vélos car la traversée du canyon de Colca est une randonnée pédestre.

Donc, nous sommes passés par une agence « tout compris » !!! Du grand confort !!!

Itinéraire

De Chivay à Pampa San Miguel

Nous quittons Chivay après le petit déjeuner (nous sommes en effet partis d’Arequipa à trois heures du matin) en bus en direction de Pampa San Miguel.

Nous sommes dans la province de Caylloma, une des huit qui composent le département d’Arequipa. La vallée et le canyon de Colca étaient habités par la civilisation Collagua. Les Indiens Collagas ont construit ces terrasses (appelées pata pata) vers l’an 500 et des systèmes d’irrigation. Au XVème siècle, les Incas sont arrivés sous le règne de Pachacutec et ont continué à exploiter ces terrasses jusqu’à l’arrivée des Espagnols. Pendant la vice royauté du Pérou, la province s’appelait Collaguas avec Yanque comme capitale.

Au XVIIIème siècle, en raison de ses mines d’or et d’argent, Caylloma devient la capitale de la province. Actuellement, la capitale est Chivay, village touristique qui produit laine de mouton et fibre d’alpaga.

Le canyon de Colca est l’un des plus profond du monde (deux fois plus profond que le grand canyon aux USA), les chiffres, selon les sources, varient entre 3270 m et 3400 m.

Nous découvrons des paysages superbes mais malheureusement, les arrêts sont rares et nous sommes un peu frustrés de ne pas pouvoir photographier à notre guise !

Une halte nous permet quand même d’admirer ces fameuses terrasses, impressionnant ! Terrasses de cultures ou terrasses de soutien (pour retenir la terre), on y cultive blé, maïs, quinoa, luzerne…

Autre arrêt, la Croix du Condor. Un point de vue où nous profitons de cet impressionnant oiseau qui peut atteindre 3,50 m d’envergure, peser jusqu’à 15 kg et mesurer plus d’un mètre !

Aujourd’hui, nous avons beaucoup de chance, nous en verrons plusieurs, de l’adulte à la belle collerette blanche et au plumage noir et blanc au juvénile au plumage brunâtre.

C’est un charognard qui vit uniquement en Amérique du Sud tout le long de la Cordillère des Andes et des côtes du pacifique. Le condor et un oiseau fidèle et le mâle, à l’instar du cygne, restera avec la même femelle toute sa vie. La femelle ne pond qu’un œuf tous les deux ans et la maturité sexuelle est atteinte entre six et sept ans.

Non seulement, nous voyons l’un des plus grands oiseaux du monde mais nous avons la chance d’observer un des plus petits, le colibri (Picaflore en espagnol).

Malgré notre envie de prolonger ce moment avec les oiseaux, il nous faut repartir et gagner Pampa San Miguel, départ de notre randonnée.

De Pampa San Miguel à San Juan de Chuccho

Cette première journée est toute en descente. Nous passons de 3300 m à 2200 m. Une longue descente donc ! En prévision, Laure achète ,pour quelques soles, deux bâtons en… bambous.

Le sentier est superbe. Nous admirons le canyon de Colca, impressionnant. Sur le versant opposé, les villages de Tapay, de Malata et de Cosñirhua semblent accrochés aux raides pentes du canyon.

Et justement, nous allons y goûter à ces pentes raides. De tranquille, le sentier, caillouteux à souhait, devient fort pentu et nos genoux nous le rappellent. De plus, il fait très chaud dans cette descente.

Tout en bas, nous apercevons le rio Colca (Hatun Mayu en quechua) et le hameau de San Juan de Chuccho.

Un cri retentit ! c’est Laure qui vient de se faire piquer au bras par un insecte, style guêpe. Celui-ci s’est glissé sous le bracelet de sa montre. Et puis le bras de Laure enfle et l’œdème se répand du coude à la main. Le pire, c’est que notre médicament antihistaminique est resté à l’hôtel.

Une multitude de lacets nous emmènent au pont suspendu qui traverse le rio Colca. Une petite montée et nous voici à San Juan de Chuccho ! La culture dominante, ici, ce sont les avocatiers !

De la fenêtre de notre chambre, la vue est saisissante sur les orgues basaltiques de l’autre versant du canyon. Comme le dit Willy, notre guide, cela vaut largement la télé ! De toutes manières, il n’y a pas l’électricité dans notre hospedaje.

Nous y rencontrons deux familles fort sympathiques, l’une française, l’autre suisse avec lesquelles nous échangeons un peu.

De San Juan à Sangalle

Ce matin, le bras de Laure a un peu « dégonflé », ouf ! En effet, ici, en termes de secours, il n’y a rien ! Pas d’hélicoptère, impossibilité d’avoir une ambulance, il faut utiliser… les mules ! Et même si elles marchent vite, ce n’est pas le moyen d’évacuation le plus efficace en cas d’urgence !

Willy, notre (super) guide, nous propose un itinéraire « non touristique ». Tout au long de la journée, il nous renseignera sur le nom des plantes, des arbres… en utilisant, et le nom local, et le nom latin !

Nous allons parcourir le versant du canyon en suivant un sentier perdu au milieu de la végétation. Il ondule en suivant d’abord un canal d’irrigation, descend, rejoint un rio, remonte parmi les figuiers de barbarie et atteint un plateau occupé par des terrasses de culture.

A nos pieds, le hameau de Sangalle, oasis au fond du canyon.

Les figuiers de barbarie ne sont pas cultivés, ici, pour les figues mais pour les… cochenilles qui produisent un puissant colorant rouge utilisé dans l’industrie textile, pharmaceutique et alimentaire (code E120). Vu le prix du kilogramme de cochenilles et du kilogramme de figues, ceci explique cela !!!

On distingue très bien les cochenilles sur les feuilles où elles forment des taches blanches. Le Pérou fournit d’ailleurs 80% de la production mondiale de cochenilles.

Un magnifique sentier en lacets, tout en descente, traverse le rio Colca sur un pont suspendu et nous conduit à Sangalle au fond du canyon à 2000 m. Sangalle n’est pas un village, juste un « truc » à touristes : quatre hôtels avec piscine les accueillent.

En bons touristes, nous profitons de l’hôtel et Laure de la piscine. Nous passons un bon moment avec Willy, très érudit, qui nous donne une « leçon » sur l’histoire du Pérou (civilisations, langues, histoire du canyon…).

Le site est très beau mais bien encaissé et le soleil disparaît bientôt (et bien tôt) derrière les parois rocheuses d’un bel ocre jaune.

Ce soir, il y a pas mal de monde à l’hôtel. Willy nous dit que nous sommes en pleine saison.

De Sangalle à Cabanaconde

Le sentier de montée pris la veille en après-midi !

Aujourd’hui, exclusivement de la montée. Un départ à 4 h 30, pour éviter la chaleur, sur un sentier raide et caillouteux mais bien tracé ! Il fait nuit noire et nous démarrons à la frontale.

Au fur et à mesure de la montée, les lumières de Sangalle disparaissent et, en contrebas, les frontales des randonneurs grimpent doucement sur le sentier. Une petite pause pour grignoter et boire une boisson chaude car nous n’avons pas pris de petit déjeuner mais Willy a tout prévu : maté chaud, barres de céréales, biscuits…

Le jour se lève doucement et, au loin, les montagnes se teintent de rose, puis d’orange, c’est superbe !

Nous éteignons les frontales et continuons notre agréable grimpée dans la mi ombre. Nous doublons un groupe de jeunes et bientôt, les eucalyptus qui marquent la fin de la montée apparaissent.

Voici le sommet et le soleil ! Finalement, nous n’avons été doublé que par les mules qui pourtant portent sur leur dos les touristes fatigués ou en quête de sensations nouvelles !

Petite séance photos et direction Cabanaconde et le petit déjeuner à quinze minutes de marche… sur du plat !

Une petite halte au village de Maca pour admirer l’église et ensuite arrêt aux thermes de Yanque pour profiter des bains chauds !

Il ne reste plus qu’à rentrer sur Arequipa. Petite pause en route, à 4910 m, pour regarder les volcans dont le Sabancaya (qui fume), l’Ampato, le Mismi, le Hualca Hualca…

Très belle randonnée dans un environnement préservé avec un guide compétent et une bonne organisation de l’agence « Perou Exclusif » tenue par Thomas, un Franco Péruvien.


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  1. Gicquel Jean-Pierre

    Bonjour les amis, même quand les vélos sont au repos, l’exercice physique n’est jamais bien loin et les photos toujours aussi belles pour rendre compte de ces paysages magnifiques. Bonne fin de péripéties si le retour approche. Bises. Jean-Pierre.

  2. Chloé

    Holà ! Contente de lire que le trek s’est bien passé avec Willy!
    Nous sommes actuellement en Bolivie! Direction La Paz demain.
    Bonne route à vous deux!
    Chloé et Aurélien (les profs d’EPS de Los Andes à Arequipa!)

  3. BAUMY Brigitte

    Merci pour ces superbes photos, votre voyage touche bientôt à sa fin et maintenant nous avons hâte de vous revoir ”en chair et en os”.
    Nous espérons que le bras de Laure va bien
    Bon retour
    Gros bisous
    PATRICK et BRIGITTE

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