Voyages à vélo

De El Calafate à Puerto Natales

Du 12 au 20 mars

Itinéraire

De El Calafate à Estancia Tapi Aike

Ce sont 270 km qui nous attendent entre El Calafate et Puerto Natales. Nous reprenons la même route qu’à notre arrivée durant 30 km. Nous retrouvons alors la ruta 40 que nous suivons en gros vers le sud.

Après 15 km, nous entamons une montée. Suivent 20 km de pentes régulières et pas trop sévères qui nous conduisent sur un plateau où les guanacos sont légions. C’est désertique, plat et venté !

C’est dans un trou, à l’abri du vent qui souffle bien fort maintenant, que nous pique-niquons.

Après les guanacos, ce sont les nandous qui courent (très vite d’ailleurs) sur le côté de la route. Ces drôles d’autruches miniatures sont assez craintives et nous avons du mal à les approcher !

Une voiture stationnée sur le bord de la route nous fait signe. Nous stoppons et l’on nous offre deux barres de céréales. Ce sont des Chiliens en vacances qui se dirigent vers Puerto natales.

Mais l’eau commence à manquer et pas de point d’eau ici ! Nous nous arrêtons dans une station de la DDE locale où l’on nous remplit nos bidons. Très sympa cet employé !

Maintenant, il faut choisir ! Soit 65 km de ripio, soit 150 km d’asphalte pour arriver au même endroit ! Finalement, nous choisissons le ripio car à 20 km, il y a une rivière et nous pourrons bivouaquer !

Nous gagnons la rivière sur ce ripio moyennement roulant. Il y a, ici, un bâtiment désaffecté, ancien poste de police, derrière lequel nous serons à l’abri du vent. Mais pour le moment, la place est occupée par deux voitures. C’est un groupe d’Argentins et d’Argentines venus à la pêche à la truite qu’ils attrapent… à la main. Très sympas (les Argentins, pas les truites !), nous « discutons » autant que le permet notre espagnol !

Nous monterons la tente derrière ce bâtiment !

C’est bien tard que nous montons la tente et nous ne tardons pas à nous glisser dans nos duvets !

Il nous reste 45 km de ripio pour rejoindre la ruta 40. Mais quel ripio, c’est le plus horrible que nous ayons eu jusque là.

Tellement horrible qu’une vis du porte-bagage arrière du vélo de Laure s’est rompue ! Nous avons effectué une réparation de fortune avec des serflex.

La journée sera épuisante d’autant que la météo n’est pas fameuse avec quelques petites averses et un temps bien gris. Seule consolation, peu de vent !

Enfin, l’intersection avec la ruta 40. Ici, il n’y a qu’un poste de police. Laure ira demander où l’on peut planter la tente. Le sympathique policier, non seulement nous indiquera un endroit à l’abri du vent dans leur jardin pour planter la tente, mais, de plus, mettra sa cuisine à notre disposition. Nous mangerons donc chaud et au chaud !

Un coin de bivouac à l’abri du vent près du poste de police !

De Estancia Tapi Aike à Puerto Natales

Après cette nuit « sous protection policière », nous repartons avec un ciel gris et un fort (et même très fort) vent de face.

Nous avançons à une vitesse de misère, aux alentours de 8 km/h ! Nous allons être obligé de mettre plusieurs fois pied à terre, car le pédalage devient impossible par moments !

De plus, la route, toute droite, monte un peu et la température avoisine seulement les 5°C ! Nous apercevons de nombreux nandous que tout cela ne semble pas perturber !

Au bout de 30 km, la route change de direction et nous avons le vent de côté ! Le pédalage demande alors de l’attention car il y a un peu de circulation !

Et puis, le paysage change et devient vallonné, des arbres, un peu secs, apparaissent et le soleil devient plus franc.

Nous avons repéré un endroit où coule une rivière, lieu propice à un bivouac. Effectivement, l’endroit est joli, la rivière coule bien et nous avons, en prime, des oies sauvages qui nous tiennent compagnie.

C’est une soirée agréable car le vent est tombé et nous pouvons manger dehors sous les derniers rayons du soleil ! C’est chouette après une bien difficile journée !

Tout à coup, surprise, une voiture descend vers nous. Ce sont les Argentines « pêcheuses » de truites rencontrées il y a deux jours. Et deuxième surprise, elles viennent nous montrer un tatou qu’elles relâchent ensuite dans la nature !!!

Au réveil, – 1° C sous la tente et – 5 ° C dehors !!! L’eau a gelé dans les bidons et la tente est couverte d’une pellicule de glace ! Pourtant, grâce à nos duvets nous dormons bien au chaud.

Mais, pas de vent pour l’instant, et le soleil arrive.

La route est belle, plutôt descendante, le soleil est présent, le vent absent, la petite rivière paresse en contrebas, c’est le paradis !

A ce propos, nous passons devant un sanctuaire dédié à la Difunta Correa ! Que de sanctuaires en Argentine dédiés à des croyances souvent à l’écart des religions traditionnelles.

Brusquement, changement de décor ! Nous nous retrouvons devant une centrale électrique proche d’une mine immense. C’est la ville minière de Rio Turbio ! Pas vraiment très beau, mais c’est une ville industrielle !

Mine de charbon à Rio Turbio

La ville a été construite en 1942, dans le cadre de l’exploitation des gisements de charbon de la région.

Chose étonnante, il est interdit aux femmes de descendre dans le puits de mine à cause du mauvais sort qu’elles y transmettraient. Selon le mythe raconté depuis toujours dans les villes minières de Patagonie, si une femme pénètre le sous-sol en entrant dans une mine, elle rend la Terre jalouse, ce qui provoque des effondrements aux conséquences funestes.

La route monte ensuite durant sept kilomètres jusqu’au paso Dorotea, col frontière entre l’Argentine et le Chili. Nous passerons à la migracion argentine avant de descendre à la migracion chilienne.

Un peu compliqué le passage pour le Chili. D’abord, faire tamponner le passeport, puis remplir un questionnaire pour le vélo (marque, couleur et… diamètre des roues !!!) et enfin nouveau questionnaire concernant l’interdiction d’entrer avec des produits frais (viande, fromage, fruits, légumes…).

Ouf ! Nous pouvons rallier Puerto Natales par une belle route un peu ventée ! Nous voici au bord du Pacifique, enfin… au fond du fjord Ultima Esperanza !

Puerto Natales

Puerto Natales fut officiellement fondée en 1911. Elle compte environ 20 000 habitants. Elle est située sur le canal Señoret et le fjord Última Esperanza, relié à l’océan Pacifique par le golfe Almirante Montt.

La ville possède un aérodrome situé à 8 km au nord par la ruta 9 et il existe des liaisons ferry régulières vers Puerto Montt au nord du pays. Par contre, aucune route ne relie Puerto Natales avec le reste du pays du fait du relief. Pour une liaison routière, il faut passer par l’Argentine !

Peuplée à l’origine par les Indiens Alakalufs et Tehuelches, cette région fut découverte en 1557 par le navigateur Juan Fernández Ladrillero. Des immigrants allemands et anglais aux XVIIIème et XIXème siècles ont développé des estancias.

Malheureusement, l’arrivée des Européens changea totalement la vie de ces peuples qui de nomades devinrent sédentaires et dépendirent alors des Européens pour survivre. Sans parler des maladies apportées d’Europe auxquelles les Indiens étaient particulièrement sensibles. Ces peuples finirent par disparaître durant le XXème siècle !

La principale activité de la région reste encore aujourd’hui l’élevage d’ovins et le tourisme. En effet les touristes (chiliens du nord et étrangers) arrivent en masse durant la saison d’été pour profiter de la beauté du parc des Torres del Paine. D’ailleurs le nombre d’hébergements et d’activités touristiques est très important ici !

Video

Visite aux glaciers Balmaceda et Serrano

Changement de véhicule aujourd’hui. Nous troquons notre vélo pour le bateau. Nous allons découvrir les glaciers Balmaceda et Serrano.

Un départ au lever du jour, de belles lumières sur les montagnes bien dégagées et le bateau entame la remontée du fjord Ultima Esperanza.

Nous passons à proximité d’une colonie de cormorans royaux. De loin, on pourrait croire que ce sont des manchots. Ils sont en effet noirs et blancs, assez grands (70 cm) mais par contre, ils volent et plutôt bien !

Les colonies de ces oiseaux peuvent comporter jusqu’à plusieurs centaines d’individus.

On le trouve sur les côtes d’Argentine, dans les provinces de Buenos Aires, de Rio Negro et de Santa Cruz, en Terre de Feu, dans le détroit de Magellan, aux îles Falkland, Marion, Crozet, Kerguelen et Macquarie.

Nous arrivons au pied d’une falaise percée de grottes où logent des lions de mer (sorte d’otaries).

Nous voici au pied du glacier Balmaceda. Il est situé sur le versant ouest du mont Balmaceda. C’est un glacier suspendu de plus de 2 030 mètres de haut. Malheureusement, le glacier Balmaceda recule, on voit qu’auparavant il devait atteindre le fjord

Une petite balade dans une agréable forêt et nous voici face au glacier Serrano. La base du glacier Serrano, borde la lagune de Témpanos sur laquelle flottent quelques (gros) glaçons.

Le bateau nous emmène ensuite dans une estancia (pour touristes) où l’on nous sert un repas bienvenu.

Une belle journée bien agréable !

Vidéo : Une balade en bateau

Randonnée aux Torres del Paines

Clou de la région de Puerto natales, le parc de Torres del Paines. Très prisé des touristes du monde entier, ses trois tours sont les stars de ce parc.

Une bien longue journée nous a conduit au mirador de Base Torres. Bien compliquée cette randonnée. D’abord, bus jusqu’à l’entrée du parc (2 heures), puis, essentiel, payer l’accès au parc, ensuite prendre une navette (payante) pour rejoindre le départ de la randonnée ! Ouf, on peut commencer à marcher !!!

Une balade plutôt tranquille, du plat, une montée sur un chemin caillouteux, une descente vers le refuge Chileno, une longue traversée dans un bois puis, enfin, la remontée d’une moraine un peu raide !

Et puis, c’est l’arrivée au mirador et là, même si l’on a vu de nombreuses photos, c’est grandiose ! Une lagune couleur turquoise dominée par les majestueuses Tours de Paines. Et aujourd’hui, le temps est avec nous même si les tours ne sont pas éclairées par le soleil !

Nous restons là un bon moment malgré le vent. Nous y pique-niquons et rencontrons Nabil et Karim, deux jeunes de Paris en voyage, avec qui nous échangeons

Mais, malgré la beauté du site, il faut bien redescendre d’autant que quelques flocons de neige virevoltent autour de nous. L’automne arrive et les arbres se teintent de jaune, d’orange et de roux !

Un dernier regard sur les Torres del Paines !

Pour le retour, c’est comme à l’aller mais en sens inverse !!! Partis à 7 h, retour à 10 h, une bien longue journée !


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  1. Gicquel Jean-Pierre

    Bonjour les amis, Ici c’est le printemps et quel bonheur de fêter sont arrivée en passant un petit moment avec vous. Dépaysement garanti, loin du 49.3 ! les photos et les vidéos sont toujours splendides. Merci. Bises. Jean-Pierre.

  2. BRUNO LITWIN

    Bonjour à vous, speldide cet endroit ! Vous ne redoutez pas l’arrivée de l’automne ?

  3. Michele Brocvielle

    des oies mais aussi un courlis, quel bonheur

    des nandous je n’ai as souvenir d’en avoir vu

    Et pour les Torres del Paines, vous avez eu plus de chance qu’avec le Fitz roy.

    Trop bien de vous suivre, par contre j’ai froid rien qu’à voir les températures que vous subissez. Ici comme le dit votre copain Jean Pierre, hier c’était dans le calendrier l’arrivée du Printemps et la météo était raccord, car il a fait doux et le soleil était de la partie.

    Biiiseeesssss Michèle

  4. ferrand

    bonjour les courageux cyclos
    je viens de vous rattraper dans votre périple qui nous rappelle de bons moments. Nous avions pique niquer aussi à la frontière argentine chili dans les bois mais à pied les passages à gué étaient plus faciles.
    Attention à vous à punta arena, la ville où les chats volent …accrochez vous
    bonne continuation et on vous suit les doigts accrochés sur les touches de l’ordi
    bisssssssssss

  5. Nabil

    Super site, de beaux recits et de superbe images !😍😍
    Content de vous avoir rencontré et ravis d’apparaître dans votre périple.

    Nous allons continuez à suivre vos aventures.
    Bonne continuation.

    Amicalement.

    Nabil.

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