Voyages à vélo

Du col d’Uspallata (Cristo Redentor) à Valparaiso

Du 19 au 25 décembre

Du col d’Uspallata au Pacifique

De nouveau au Chili, nous allons entamer la descente du col d’Uspallata à 3850 m. La piste n’est pas excellente, pas trop pourrie non plus. Mais que c’est beau !

Les nombreux lacets nous emmènent dans un paysage très minéral avec toujours des roches aux couleurs très variées. Après 51 (!) lacets, nous rejoignons la route CH 60 (suite chilienne de la Ruta 7), sa circulation et ses camions.

Nous passerons ensuite la douane. Pas de tampon de sortie d’Argentine sur le passeport mais un tampon d’entrée au Chili sur une feuille séparée. Sans doute un accord entre les deux pays (?) et bien sûr une fouille des sacoches. Il est interdit d’entrer au Chili avec des produits frais (fruits, légumes, fromages, viande…). La descente continue par une nouvelle série de 26 lacets sur une route au revêtement moyen où les camions sont très nombreux ce qui nous incite à beaucoup de prudence… Nous dormirons ce soir à Los Chapayes à 1000 m où nous trouvons une température bien douce. La suite de la descente passera par Los Andes où nous prendrons le temps de récupérer des pesos chiliens avec Western Union et faire quelques courses. Nous retrouvons, au Chili, de grands supermarchés mais aussi des prix plus élevés qu’ailleurs. Le trajet se poursuit avec vent de face sur une route en assez mauvais état d’autant que la vitesse à laquelle roulent les Chiliens nous oblige à rouler sur une bande d’urgence étroite et défoncée. La vigne est bien présente sur ce tronçon. Nous passerons une nuit au camping de Panquehue. Aujourd’hui, n’ayant pas vu que Laure était crevée (enfin sa roue avant), Lionel a continué, l’abandonnant à son triste sort. Ce n’est que quelques kilomètres plus loin, qu’il s’est aperçu de son absence et a fait demi-tour. Comme quoi, un rétroviseur n’est utile qui si l’on s’en sert !!!

Dans la région de Quillota, on cultive des avocats, pas si gros que celui de la photo, mais délicieux !!!

Ce qui nous surprend, c’est que tout est clôturé. Les champs par des barbelés, donc très difficile, sinon impossible de bivouaquer, mais aussi les maisons protégées (de quoi ?) par d’immenses grilles voire des rues entières isolées de l’extérieur. C’est si dangereux que ça, le Chili ?

Changement de décor, nous arrivons à Concon sur la côte et pour la première fois, nous voyons l’océan Pacifique. Vu la grosseur des vagues, Concon est un endroit très prisé des surfeurs.

Nous suivrons la côte jusqu’à Valparaiso. Cette route n’est pas désagréable même si elle est bordée de nombreux immeubles. On y voit de nombreux oiseaux : pélicans, cormorans, mouettes, goélands… A Vina del Mar, on récupère une belle piste cyclable que nous prolongerons par le trottoir (grosse circulation) avant de retrouver une autre voie cyclable à l’entrée de Valparaiso.

Nous sommes accueillis par les grognements puissants de lions de mer qui prennent le soleil sur un ponton de béton !

Vidéo : Du col d’Uspallata à Valparaiso

Valparaiso

« Nous irons à Valparaiso… » et bien nous y sommes ! Nous allons y passer la période de Noël avec grand soleil et 30°, à manger des cerises, des melons, des avocats, des abricots… et boire (un peu) de vin chilien !!!

Valparaiso, classée au patrimoine de l’humanité, est une ville très animée disposée comme un amphithéâtre. Dans ses rues circulent un nombre impressionnant de bus et aussi des trolleybus qui sont classés. Les quarante-deux collines dominent la ville basse. Celle-ci est partagée en deux par la très belle place Sotomayor : d’une part le quartier « économique », d’autre part, le quartier du port.

Les rues du quartier « économique » grouillent de monde. On y vend de multiples choses sur les trottoirs et il est difficile d’y circuler. Dans certaines rues, on joue aussi aux cartes, aux échecs, sur des tables installées sur les trottoirs ! En cette période de Noël, on y voit également quelques Pères Noël qui doivent avoir bien chauds sous leur houppelande et leur barbe.

Les collines sont une particularité de cette ville. Pour y accéder, on peut utiliser des funiculaires (appelés ici ascenseurs) qui sont classés monuments historiques. C’est sur ces collines que vivent la majorité des habitants. Elles ont des caractéristiques urbaines et sociales différentes, ont leurs propres rues et escaliers et avaient ou ont encore l’ascenseur qui les reliait à la ville basse. Certaines sont très touristiques comme Cerro Conception.

L’originalité des rues de certaines collines, ce sont les fresques peintes sur les maisons. Au Chili, pour peindre sur les murs d’une habitation ou d’un commerce, l’autorisation du propriétaire suffit. C’est un bon moyen pour éviter les tags omniprésents à Valparaiso.

Dans la ville basse, on trouve de beaux bâtiments, malheureusement beaucoup auraient besoin d’une sérieuse rénovation pour retrouver leur splendeur d’antan ! Une autre particularité, ce sont les maisons elle-mêmes. Valparaiso ayant une sismicité importante, les maisons traditionnelles avaient une ossature bois, les murs étaient en adobe (briques de terre et de paille), ainsi elles résistaient mieux aux tremblements de terre.

Par contre, l’adobe est sensible à l’humidité, alors on recouvrait les murs de tôles. On peignait ensuite ces tôles de couleurs vives de telle manière que deux maisons mitoyennes ne soient pas de la même teinte. L’origine de ces couleurs vives vient du fait que l’on utilisait les restes des peintures utilisées pour les bateaux.

Région habitée à l’origine par les Changos, Valparaiso fut créée au XVIe siècle par les conquérants espagnols. Cependant, en raison des catastrophes naturelles (tremblements de terre…) et des destructions causées par les pirates, la ville a vivoté durant toute l’époque coloniale. Valparaiso ne se développa qu’au XIXe siècle après l’indépendance du pays. Elle devint alors une étape incontournable sur la route maritime reliant l’Europe aux Etats-Unis. Beaucoup d’émigrants, surtout Européens et Américains s’y installèrent. Cela créa une forte augmentation de la population et on utilisa les collines environnantes pour construire maisons, manoirs… Mais ce n’était pas suffisant et l’on gagna des terres sur la mer pour construire des bâtiments d’infrastructure administrative, commerciale et industrielle. Malheureusement, la construction du canal de Panama diminua fortement l’activité portuaire de Valparaiso. Actuellement, c’est le troisième port du Chili (après San Antonio et Antofagasta). Le tourisme, en pleine expansion ici, sera sans doute une chance pour Valparaiso ! Notons aussi que c’est un important centre universitaire, le siège du Congrès National, celui du ministère de la marine, et également le siège du ministère de la culture…

Nous avons visité la ville avec Valp’Otop en Français. Notre guide, Juan, artiste peintre qui a réalisé plusieurs fresques ici, nous a fait découvrir les richesses de cette ville et partager sa passion pour Valparaiso. Il nous a aussi parlé politique. Tout d’abord de la colonisation espagnole des Mapuches (peuple qui vivait dans le pays Araucan) et dont personne ne parle. Puis, ensuite, pour bien comprendre la situation actuelle, il est remonté au coup d’État de Pinochet contre Allende en 1973. Valpo (comme on dit d’une façon un peu snob) est aussi la ville de plusieurs premières au Chili (première douche chaude, première église protestante, premier studio photo…). Au cours de cette visite, on nous a fait goûter le Pisco Sour, cocktail à base de pisco et de jus de citron qu’on boit au Chili mais surtout au Pérou. C’est délicieux mais… traître !

Noël à Valparaiso, c’est un peu différent de chez nous. Hormis la saison, c’est beaucoup moins commercial. Pas de montagnes de chocolats ni de débauche de jouets dans les magasins, pas d’illumination dans les rues… On rencontre bien quelques Père Noël, on voit bien quelques décorations dans les vitrines mais cela reste discret et sobre. Par contre, on assiste à quelques animations avec musiques et danses. Ce soir, nous ferons un repas un peu amélioré en pensant à nos familles, en France, sous l’hiver de l’hémisphère nord et demain, jour de Noël, nous irons au restaurant !!!!!!!

Street art

Ce soir, un incendie s’est déclaré sur la colline de San Roque. Nous avons été avertis par une alerte sur portable qui annonçait l’évacuation de la population de cette colline. Par précaution, le courant avait été coupé dans toute la ville.

A priori, après l’intervention de nombreux pompiers appuyés par des Canadairs et des hélicoptères, l’incendie semblait maîtrisé ce soir du 24 décembre.

C’est vraiment une ville attachante où l’on n’éprouve aucun sentiment d’insécurité contrairement à ce qui se dit parfois !!! Nous avons beaucoup aimé Valparaiso !

Vidéo : Valparaiso

Merci à Coralie pour ses conseils, à Yaz pour avoir mis son appartement à notre disposition et à Viajero, le chat, pour sa compagnie !

  1. Claudette et Gérard

    Toujours aussi super ! Joyeux Noël ! Nous continuerons à vous suivre si vous ne restez pas coincés dans un des ascenseurs de Valparaiso, ou si les lions de mer ne vous auront pas mangés! Avec nos amitiés,

  2. ALAIN GAUTHIER

    c’est vrai, les artistes de rue ont vraiment un bon coup de patte, dommage que des fils de toutes natures dénaturent un peu leur art.
    profitez bien des moments au bord du Pacifique, ici nous allons passés en 2020 dans un froid tout relatif, rien à voir avec les hivers d’antan.
    j’en profite pour vous présenter mes meilleurs voeux de poursuite de votre aventure dans la continuité de 2019.
    pensez bien à vous.

  3. Gicquel Jean-Pierre

    Bonjour, Bonne fin d’année 2019, et vive 2020 … nous aurons 70 piges, mais toujours jeunes ! Je fait le voeu d’une rencontre dans l’année, si le cycle de vos conférences vous laisse un créneau. Amitiés. Jean-Pierre.

  4. Christiane et François

    Bonne fin d année et belle suite de votre voyage !!! ou plutôt de votre impressionnant périple , à moins que ce soit une extraordinaire odyssée!!!! au vu des photos et videos transmises!! merci

  5. Alain HAUET

    un 2 éme semestre 2019 rempli de magnifiques images, de commentaires à faire rêver, un noël et un début d’année bien ensoleillé (nous aussi) une fin de périple envoûtante.Que vous souhaiter de mieux?….si ce n’est que garder la forme et surtout la santé. Marité et moi vous envoyons des poutous catalans.
    Bonne année 2020

  6. Marie Claire

    Je vous souhaite une bonne année 2020.
    Comme le dit Jean Pieŕre, nous rentrerons dans une nouvelle décennie😨
    Je suis avec intérêt votre périple.
    Bises

  7. Agnès & JeanPaul ZOPPI

    En ce début d’année, nous vous souhaitons un bon coup de pédales, pas de vent; de bons revêtements,pas de crevaisons, ni d’ennuis mécaniques enfin tout ce que souhaite un cycliste!!!!
    Et profitez à fond de votre voyage. pendant ce temps, nous on rêve…………..
    Carpe Diem les amis et merci de partager votre aventure

    Agnès & Jean Paul

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