2 L à vélo

Voyages à vélo

De Cafayate à Mendoza

Du 26 novembre au 12 décembre

De Cafayate à Mendoza, nous suivrons la mythique Ruta 40 ! Cette route, la plus longue d’argentine, environ 5000 km, traverse le pays du nord au sud, de la frontière bolivienne au cap Virgenes à l’extrême sud de la Patagonie. Nous n’y avons pédalé « que » 1088 km. C’est une route très contrastée. Elle traverse le plus souvent la pampa, c’est le désert. On y trouve une végétation arbustive qui est incapable d’arrêter le vent, particulièrement agressif ici ! Quelquefois, elle nous emmène dans de superbes endroits comme la quebrada de Miranda. Il y a peu de virages et les longues lignes droites s’enchaînent avec… les longues lignes droites !!! Finalement, malgré une certaine monotonie et ce vent de face permanent, pas toujours trop violent, heureusement, nous avons bien apprécié cette Ruta 40 qui nous a emmenés jusqu’à la très agréable ville de Mendoza. .

De Cafayate à Belen

Nous quittons Cafayate le 26 novembre ! Il y a six mois, le 26 mai, nous quittions Medellín, en Colombie, c’était le début de notre voyage. Aujourd’hui, nous pédalons sur la mythique Ruta 40.

Après Cafayate, la route est bordée de vignes sur dix kilomètres environ. Peu de circulation, nous sommes très tranquille d’autant que le revêtement est bon sur cette partie. Durant notre pause repas, nous voyons arriver Emilie et Stéphanie, rencontrée à San Pedro. Elles en sont parties avant nous, mais se sont arrêtées à Salta et à Cafayate. Elles pédalent un peu plus vite que nous mais nous les retrouverons ce soir à Santa Maria au Camping où nous ferons une soirée barbecue !!!

En chemin, nous sommes passés à proximité des ruines de Quilmes. La cité sacrée est située à 5 km de la Ruta 40 sur une piste non revêtue. Nous n’y sommes pas allés mais nous avons appris que cette cité était habitée depuis le XIe siècle. Les habitants pratiquaient l’agriculture et l’élevage. La cité a compté jusqu’à 5000 habitants. En raison de sa position géographique, les Quilmes ont résisté durant 130 ans à l’invasion espagnole. Ils furent finalement battus en 1667. Les survivants de cette guerre, environ 1000 personnes furent déportés vers Buenos Aires mais peu ont survécu. Quelques uns ont pu échapper à cette déportation et se sont installés dans les alentours de l’ancienne cité. Leurs descendants forment aujourd’hui la communauté Quilmes.

Ce matin, nous repartons sur la Ruta 40, que nous allons suivre plusieurs jours. Il fait chaud et nous prenons notre casse-croûte de midi dans le seul endroit à l’ombre déjà occupé par Emilie et Stéphanie. Elles repartent avec comme objectif de gagner Hualfin à 65 km.

Vu le vent qui se lève, de face évidemment, nous pédalons encore 25 km et nous posons notre tente près d’une ferme parmi les chèvres, les poules, les coqs et autres dindons !!! Les très sympathiques propriétaires nous prêtent une table et deux chaises. On dispose d’eau, c’est parfait.

Nous passerons une excellente nuit mais serons réveillés par le coq bien tôt !!! Toujours la Ruta 40, en légère montée durant 10 km, avec ce paysage de pampa un peu monotone. Et puis, ce sera une belle descente jusqu’à Hualfin avec un changement de décor. Nous retrouvons des paysages plus montagneux aux couleurs variées, c’est très beau ! Mais vers 11 h, le vent, toujours lui, se lève et nous ralentit d’autant que nous retrouvons la pampa, c’est plat et le vent est à son affaire. Reconnaissons pourtant au vent, un avantage, il refroidit un peu l’atmosphère car les compteurs des vélos affichent 50°. Malgré tout, à midi, nous aurons abattu 75 km. Du coup, nous sommes arrivés à Belen à 15 h après une étape de 100 km.

De Belen à Guandacol

La Ruta 40 déroule toujours son ruban d’asphalte sous nos roues. Cette région est bien sèche et tous les rios traversés sont à sec ! Le temps est superbe. Mais catastrophe à Londres (il s’agit de Londres en Argentine, bien sûr !), Laure s’aperçoit qu’elle a oublié les œufs et un sandwich dans le réfrigérateur de l’hospedaje de Belen. Nous achèterons alors de quoi manger à Londres, ouf ! Il fait chaud, 49° au compteur du vélo ! Heureusement, le vent, pas trop fort, nous rafraîchit. Tout va bien jusqu’à 14 h. Et là, le petit vent rafraîchissant forcit brutalement et il devient pénible de pédaler. Les bourrasques nous déportent et c’est bien fatigués que nous atteindrons Alpacinte, au bout de 92 km. Nous avons passé aujourd’hui le cap des 7000 km.

Après une bière bienvenue, nous planterons notre tente sur la place du village !!! Le vent souffle si fort qu’il est impossible d’allumer le réchaud et nous nous contenterons d’un repas froid !

Le lendemain, nous partons à huit heures. Comme il n’y a que 58 km jusqu’à Pituil et le vent ne se levant qu’à 14 heures, nous sommes tranquilles ! ERREUR ! Aujourd’hui, il se lève à… 10 h 30. Une nouvelle fois, nous pédalerons face au vent à 10 km/h sur le plat !!! Nous avons l’impression, avec nos vélos de 55 kg, de tracter une charrue ! A Pituil, nous retrouvons Emilie et Stéphanie qui arrivent un peu après nous. Nous trouvons une hospedaje avec deux chambres et cuisine, juste ce qu’il nous faut !

Aujourd’hui, nous pédalerons, toujours sur la Ruta 40, avec Emilie et Stéphanie. En nous relayant, nous ferons une moyenne confortable et arriverons à Chilecito sans avoir trop souffert du vent, moins fort aujourd’hui, il est vrai.

Après une journée de pause à Chilecito, nous repartons. Le départ fut un peu chaotique. D’abord quelques soucis pour récupérer de l’argent avec Western Union. Ensuite, nous faisons régler le vélo de Laure, puis nous partons. C’est déjà le milieu de matinée ! Au bout de quelques kilomètres, « ça frotte » quand Laure (enfin, son vélo…) est sur le grand plateau. Retour chez le vélociste et nouveaux réglages ! C’est bon !!! Il est alors midi ! Nous avons un col à passer avec 1200 m de dénivelé, nous appuyons un peu.

Vingt kilomètres avant le sommet, nous pénétrons dans la quebrada de Miranda, superbe. Des roches d’un rouge soutenu. Ces couleurs nous rappellent la quebrada de Las Conchas. Les couleurs seulement, le reste est bien différent. C’est vraiment beau et, même s’il est un peu tard, nos appareils photos chauffent un peu !

En chemin, un 4X4 s’arrête à notre hauteur et quelle n’est pas notre surprise de retrouver le couple de Canadiens rencontré dans le Sud Lipez en Bolivie. Leur générosité sera la même. Nous repartirons avec bières, gâteaux, empanadas… bref de quoi manger ce soir. Il n’est pas si facile ce col, même s’il ne culmine qu’à 2050 m, mais aujourd’hui le vent est notre allié, nous l’avons dans le dos, cela facilite les choses ! Après une belle descente, nous arrivons au village de Los Tambillos où nous retrouvons Emilie et Stéphanie. La descente continue toujours dans ces paysages de roches rouges. Après un arrêt à Villa Union pour ravitailler, nous poursuivons dans la pampa, finies les belles roches rouges, mais bonjour le vent, pas trop fort quand même, et nous gagnons Guandacol !

De Guandacol à Mendoza

A Alto de Huaco, nous allons faire une infidélité à la Ruta 40 pour prendre la Ruta 49 en direction de San José de Jachal. Cette partie de route est superbe, vraiment très belle même si on trouve plusieurs montées bien raides, mais courtes !

Le lendemain, Nous retrouvons la Ruta 40, peu de vent mais qu’il fait chaud (45° sur le compteur du vélo), et l’eau se fait rare dans nos gourdes ! Nous en trouvons, dans un centre de la « DDE » locale. L’employé nous remplit notre vache à eau de 10 l. Nous pourrons donc bivouaquer dans la pampa. Les piquets de la tente ont du mal à tenir dans le sable, il faut renforcer avec des pierres que nous trouvons dans le lit asséché d’un rio. Pour rejoindre San Juan, une petite montée « surprise » nous attendait, seul fait marquant sur cette étape. Parlons de notre hôtel à San Juan ! D’abord la douche est froide, bon il fait chaud heureusement. Ensuite, le ventilateur est en panne mais, il y a la « clim ». Seulement, elle est en hauteur, et pas de télécommande pour la mettre en route : il faut prendre un… manche à balai pour appuyer sur le bouton marche/arrêt, télécommande on ne peut plus rustique et qui fonctionne sans pile !!! Passons ! Nous avons retrouvé, sans nous concerter, Emilie et Stéphanie dans ce même hôtel.

SAN JUAN

La ville de San Juan fut détruite à 80 % lors du tremblement de terre du 15 janvier 1944 qui fit 5ooo morts. Les effets désastreux du séisme s’expliquent par la mauvaise qualité des constructions principalement en adobe (briques d’argile et de paille). Se posa la question de savoir si l’on reconstruisait la ville au même endroit ou sur un site différent. Finalement, on retint la première option. Le Conseil de reconstruction définit un code de construction et fit bâtir, dans le style moderniste, de nombreux édifices publics et des équipements urbains encore en grande partie en service aujourd’hui. Actuellement, San Juan est une ville animée et agréable. La région possède une activité agricole principalement axée sur la viticulture mais aussi sur la culture de l’olivier et la production d’huile d’olive. En plus de cette activité agricole, se développe une activité minière.

Nous quitterons San Juan un dimanche matin par une belle quatre voies sans circulation et nous rejoindrons Mendoza en deux étapes. Nous pique-niquerons sous de magnifiques eucalyptus en nous régalant d’un délicieux melon blanc et d’empanadas chauds achetés sur le bord de la route. Sur ce tronçon, la Ruta 40 ne présente pas beaucoup d’intérêt. Nous bivouaquerons dans la pampa en passant sous les fils de fer. En effet, de chaque côté de la route, court une clôture. On se demande pourquoi ! Animaux ? Incendies ? Autres ? (rayer les mentions inutiles). Le revêtement est très mauvais avant d’arriver à Mendoza mais la circulation reste raisonnable et l’arrivée se fait, somme toute, relativement tranquillement, grâce à une piste cyclable parallèle à la route.

Une particularité de tous ces pays d’Amérique du sud, ce sont ces espèces d’oratoires, souvent faits de bric et de broc, sur le bord des routes. En Argentine, ceux où domine le rouge sont dédiés au Gauchito Gil, sorte de Robin des bois ! Enrôlé par le parti Autonome pour combattre, il aurait déserté et aurait été exécuté. Mais avant de mourir, il prévint le bourreau que son fils était mourant et qu’il serait sauvé si ce même bourreau priait Gil. Ce qu’il fit et le fils guérit.

Gil devint alors un objet de dévotion. La tradition d’utiliser la couleur rouge est liée au fait que cette couleur caractérisait le Parti Autonome.

D’autres oratoires sont dédiés à la Difunta Correa, personnage qui a réellement existé. Épouse d’un soldat enrôlé de force au début du XIXe siècle, elle suivit son mari et mourut de soif et d’épuisement dans les montagnes près de San Juan. On trouva, couché sur sa poitrine, son bébé qui lui avait survécu.

C’est pourquoi on trouve en offrande des tas de bouteilles d’eau au pied de ces oratoires improvisés. Comme on fait appel à cette Difunta Correa pour exercer toutes sortes de vœux, il est inutile de préciser que l’église regarde cela de travers !

MENDOZA

Mendoza est une des principales villes d’Argentine. Avec son agglomération urbaine, elle atteint un million d’habitants. L’activité économique est liée au commerce, aux services et au tourisme autour de l’industrie du vin. Au début du XXe siècle, Mendoza est peuplée d’émigrés espagnols, italiens et indiens. Actuellement, il y a un nombre très important d’immigrants en provenance des pays voisins (Bolivie, Paraguay, Pérou, Chili). C’est une ville très touristique et un centre universitaire important. Sa physionomie rappelle les villes européennes, notamment dans ses styles architecturaux. Le climat de Mendoza est très aride et il pleut rarement : aujourd’hui, 10 décembre, la température avoisine les 35 °, bien agréable 15 jours avant Noël !!! C’est par contre une région d’activité sismique fréquente. Suite au tremblement de terre de 1861, on aménagea cinq places dans le centre ville. La plus grande est la place de l’Indépendance où l’on peut contempler de superbe jets d’eau. Les quatre autres sont les sommets d’un carré ayant la place de l’Indépendance pour centre. On trouve la place d’Espagne qui n’est pas sans rappeler celle de Séville mais à une échelle beaucoup plus petite, la place d’Italie, pour se souvenir des nombreux immigrants italiens, la place du Chili entourée de bancs aux couleurs de ce pays, le bleu, le blanc et le rouge et la place San Martin, en l’honneur du général San Martin, un des libérateur de l’Argentine ; c’est en effet à Mendoza que fut signée l’indépendance de l’Argentine. Les belles avenues et rues de Mendoza sont bordées de superbes platanes qui amènent ombre et fraîcheur, bienvenues avec la chaleur. C’est une ville très agréable qui propose, par ailleurs, une offre culturelle riche et variée.

Nous avons profité, avec Emilie et Stéphanie, de l’excellente viande argentine et du non moins bon vin de la région de Mendoza. Une belle halte où nous avons réussi (enfin Laure surtout) à réparer la fermeture éclair de notre tente intérieure qui donnait de sérieux signes de faiblesse. Nous avons aussi effectué quelques achats : curseurs pour la tente, autocollants de la Ruta 40, nouvelles gourdes et bien sûr des courses pour les jours à venir !!!

Vidéo : De Cafayate à Mendoza

  1. claude vermersch

    Bonjour à tous deux.
    Merci mes amis, c’est toujours le même plaisir d’avoir de vos nouvelles avec photos et commentaires digne de professionnel que vous êtes…Ici rien de bien nouveau, l’hiver est là, la pluie la neige pas tout a fait comme chez vous.
    Noël approche, je vous souhaite donc un bon réveillon, de gros bisous et plein de cadeaux pour deux. A très bientôt, sans doute avant l’année 2020, en attandant portez vous bien.
    Claude et Martine

  2. C’est bien beau tout çà,quelle belle sortie !!!!!!

  3. Christiane et François

    A votre santé aussi!!! ( apres avoir vu le film avec chope de biere dans la pampa!!).
    Je suis épuisée rien qu’a la lecture de votre périple: temperature entre 45 et 50 degré. vent fort de face. eau limitée…
    Merci pour ce partage , et tous ces témoignages.
    Un grand merci pour votre film et message diffusés lors de l assemblée générale du VCA. Vous étiez avec nous dans la salle et c etait très émouvant.
    François et moi vous souhaitons une belle suite a votre aventure, un bon noel ensoleillé et attendons vos prochaines nouvelles. bisous a vous deux

  4. Blandine et Daniel JUST

    Encore un beau reportage et des images plein les yeux. On s’habitue à tous ces cadeaux à chaque connexion…. on vous souhaite de trouver une jolie crèche pour Noël afin de vous reposer avant les lignes droites…… Bon courage et bises à vous deux

  5. Gicquel Jean-Pierre

    Joyeux noël aux cyclistes du bout du monde. Tonton Cristobal.

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